La chute en Bourse des grands éditeurs spécialistes du « Software as a Service » (SaaS), dite Saaspocalypse, tient à l’arrivée de l’intelligence artificielle. Celle-ci permet en effet aux entreprises de concevoir elles mêmes leurs logiciels sur mesure, remplaçant ceux fournis par les géants du SaaS, à moindre coût.
Par Vincent Champain*
Avec une valorisation boursière passée de zéro à plus de 200 milliards de dollars en 20 ans, l’ascension de Salesforce symbolise avant tout le triomphe d’un nouveau modèle économique : le SaaS (Software as a Service). A l’origine de ce succès, on trouve le pari de Marc Benioff sur le « cloud » pour s’affranchir des contraintes physiques. Techniquement, le cloud apporte trois bénéfices. D’abord la standardisation des outils utilisés par les développeurs et la réutilisation de composants logiciels standard, qui accélèrent fortement le développement informatique. Ensuite, la mutualisation de ressources informatiques (serveurs, stockage, puissance de calcul) et l’hébergement dans des datacenters : les développeurs qui créent le logiciel comme les clients qui l’utiliseront n’ont plus à se soucier d’installer des machines adaptées à un logiciel – ils n’ont besoin que d’une machine aux performances suffisantes pour accéder à internet. Enfin, le cloud réduit fortement les coûts de distribution et d’intégration : pas besoin de réseaux de vente physiques, de CD-Rom d’installation et d’équipes qui viennent installer un logiciel – on y accède par internet. Pour l’éditeur, le cloud simplifie aussi la facturation et le renouvellement de licence : pas besoin d’aller compter le nombre d’utilisateurs, il dispose des statistiques nécessaires à la facturation. Le client tarde à payer ? L’éditeur peut couper immédiatement le service depuis ses serveurs.
Toutes les entreprises du logiciel ont...