Depuis quelques années, les actifs privés ne sont plus réservés aux seuls investisseurs institutionnels. Private equity, dette privée et infrastructures s’ouvrent progressivement à une clientèle plus large, notamment via l’assurance vie et de nouveaux formats de fonds (evergreen, Eltif, hybrides, etc.). Cette démocratisation, qui répond à une quête de diversification et de performance, suscite l’intérêt, mais se confronte aussi à de gigantesques enjeux de pédagogie. Quel chemin a déjà été parcouru ? La vitesse d’adoption est-elle aussi rapide qu’espérée ? Le contexte est-il un frein ? Quelle sous-classe d’actifs est la plus adaptée à la clientèle privée ? Les fonds evergreen sont-ils la solution idéale pour les particuliers ? Comment gérer les enjeux de liquidité ? Quels sont les freins restant à lever ?
- La démocratisation des actifs privés est engagée depuis plusieurs années. Quel chemin a été parcouru jusqu’à présent ?
- Le contexte actuel, marqué par des inquiétudes autour de la dette privée, est-il un frein à ce développement ?
- Dette, infra, private equity : quel segment est le plus adapté pour les particuliers ?
- Le format evergreen est en train de devenir dominant. Est-ce une bonne chose ? Quelles questions cela soulève-t-il en matière de gestion de la liquidité ?
- Quelle est la position des assureurs en matière de liquidité ?
- Comment lever les freins restants ?
Les intervenants :
- Alexis Sarrazin, co-responsable dette infrastructure chez Arkéa Asset Management
- Jean-Olivier Ousset, dirigeant du Centre du Patrimoine
- Patrick Ganansia, vice-président du groupe Cyrus
- Anne-Laurence Roucher, responsable des marchés non cotés chez Edmond de Rothschild Asset Management
La démocratisation des actifs privés est engagée depuis plusieurs années. Quel chemin a été parcouru jusqu’à présent ?
Jean-Olivier Ousset - Depuis sept à huit ans, la montée en puissance des actifs privés s’accompagne d’une demande croissante de la clientèle retail. Longtemps réservés à une clientèle très patrimoniale, les actifs privés se démocratisent progressivement, notamment au travers de l’assurance vie. Cette évolution est particulièrement visible sur les canaux digitaux, où les investisseurs sollicitent désormais un accès à ces produits, y compris avec des tickets d’entrée relativement modestes.
Pour autant, cette démocratisation s’accompagne d’un important enjeu pédagogique. Expliquer le fonctionnement des actifs privés, leurs horizons d’investissement et surtout les mécanismes de liquidité reste essentiel. La distinction entre fonds fermés, solutions evergreen ou véhicules Eltif demeure encore floue pour de nombreux investisseurs, alors même que l’offre se multiplie rapidement.
Il faut par ailleurs faire la distinction entre profils d’investisseurs. Entre les grandes fortunes et une clientèle disposant de patrimoines plus modestes mais désireuse d’accéder à ces solutions, les attentes et les niveaux de compréhension diffèrent fortement.
Anne-Laurence Roucher - Malgré le chemin parcouru, il demeure essentiel de rappeler les fondamentaux qui rendent les actifs privés attractifs dans une allocation de portefeuille. Leur principal intérêt réside dans leur fort pouvoir de diversification. A l’échelle mondiale, l’univers des entreprises non cotées investies par des fonds est...