En dépit des incertitudes liées à la guerre au Moyen-Orient et au financement de l’IA, le crédit investment grade en euros conserve des fondamentaux solides. Les bilans des entreprises restent globalement robustes et la liquidité sur la classe d’actifs demeure élevée. Toutefois, les stratégies des gérants divergent selon leur lecture de la situation géopolitique et surtout de ses conséquences à moyen terme.
Depuis le début de l’intervention militaire américano-israélienne en Iran, les taux d’intérêt en Europe et aux Etats-Unis sont sous pression. Le taux d’intérêt à 10 ans allemand a même atteint les 3 % fin mars ! Un niveau inédit depuis plus d’une décennie ! Le principal canal de transmission de la crise passe par les prix de l’énergie. Ils pourraient accélérer l’inflation et conduire ainsi les banques centrales à revoir leurs stratégies. Les trajectoires de politique monétaire paraissent à présent plus incertaines que ce qui était prévu avant l’intervention militaire. « Les politiques des banques centrales dépendent du régime d’inflation, les pays qui sont au-dessus de la cible comme le Royaume-Uni ou l’Australie vont devoir augmenter leurs taux d’intérêt, mais la Banque centrale européenne (BCE), tout comme la Fed aux Etats-Unis, disposent d’une inflation proche de leur cible, elles peuvent ainsi attendre avant de le faire », résume Laurent Calvet, responsable des stratégies liquides chez Tikehau. Pour autant, les anticipations de marché ont déjà sensiblement évolué au cours des dernières semaines. « En moyenne, le consensus attendait une demi-baisse de taux de la BCE cette année, il anticipe à présent quasiment trois hausses et aux Etats-Unis, il ne prévoit plus aucune baisse cette année au lieu de 2,5 baisses initialement anticipées », poursuit Laurent Calvet. La courbe des taux d’intérêt s’apl...