Pour Charudatta Shende, head of client portfolio management fixed income and fixed income strategist chez Candriam, les obligations d’entreprises de qualité sont incontournables dans une allocation. Cependant, l’environnement de marché actuel exige de s’exposer à la classe d’actifs à travers une gestion active, de faire preuve de sélectivité et de flexibilité et de privilégier la qualité, afin de bénéficier prudemment du portage.
Quelle place le crédit investment grade peut-il occuper dans le portefeuille des investisseurs ?
Les obligations de qualité occupent une place centrale pour les investisseurs obligataires.
Depuis 2022, la classe d’actifs offre un rendement structurel d’au moins 3 % en euros (3,8 % à l’heure actuelle [1]), ce qui est rassurant : en plus d’apporter de la performance aux portefeuilles, ce rendement joue également le rôle de coussin en cas d’écartement des spreads. De notre point de vue, cet environnement de rendements généreux pourrait perdurer. De fait, les forces structurelles à l’œuvre sur les marchés étant inflationnistes, les taux à 5 et 10 ans pourraient durablement rester à des niveaux élevés.
Autre élément favorable : la qualité des émetteurs, qui ont de très bons profils opérationnels et des bilans extrêmement sains. Ces bons fondamentaux expliquent d’ailleurs que les spreads de crédit, c’est-à-dire la prime de risque par rapport aux obligations souveraines, soient très bas.
Enfin, la classe d’actifs est soutenue par des facteurs techniques, les flux d’investissement étant très importants. L’offre, quoique très élevée, est très bien absorbée, ce qui témoigne de l’intérêt marqué des investisseurs pour ce type d’obligations.
Rappelons par ailleurs que l’univers d’investissement est très large, à la fois en nombre d’émetteurs – environ 800 dans l’indice iBoxx Eur Corporate [2] – et en diversité d’instruments à disposition (dette senior et subordonnée, CoCos, etc.), ce qui permet une gestion active et flexible.
La classe d’actifs est tout de même exposée à deux risques majeurs : le risque de crédit et le risque de taux…
Il y a effectivement une forte corrélation des obligations de qualité avec les marchés de taux, qui sont eux-mêmes dépendants d’un grand nombre de paramètres : tensions géopolitiques, décisions des banques centrales, etc. Il est donc indispensable de gérer la sensibilité aux taux des portefeuilles de manière très active.