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Dégâts du 17 octobre : les émeutes, nouveau risque à prendre en compte pour les entreprises

Publié le 22 octobre 2026 à 18h12

OPTION FINANCE  Temps de lecture 3 minutes

Au moins 3000 entreprises ont été touchées par des dégâts lors des événements du 17 et 18 octobre, selon une première estimation du ministre Serge Papin. Les dégâts pourraient ainsi atteindre jusqu’à 1,2 milliard d’euros selon une évaluation de Morningstar DBRS. Un montant très élevé alors même que les dégradations ont été concentrées sur deux journées. En 2023, les émeutes ayant suivies la mort du jeune Nahel avaient duré huit jours pour un montant total de sinistres de 730 millions d’euros. « Les épisodes précédents démontrent également la gravité potentielle croissante des troubles civils en France, souligne Morningstar DBRS. Les émeutes de novembre 2005 avaient généré à l’époque environ 200 millions d’euros de sinistres assurés, tandis que le mouvement des Gilets jaunes de 2018-2019 s’était soldé par environ 220 millions d’euros de pertes assurées. »

De son côté, le Procos, fédération du commerce spécialisé, évalue, d’après les premières remontées de ses adhérents, le préjudice moyen entre 250 000 et 500 000 euros pour un magasin pillé ou détruit et entre 20 000 et 80 000 euros pour une façade dégradée sans pillage. « La facture se comptera en dizaines de millions pour le seul commerce spécialisé — au pire moment, à l’entrée de la période de Noël », regrette Julien Aubignat, délégué général de Procos. Afin de soutenir les commerces touchés, le gouvernement a notamment annoncé une prise en charge à 100% par l’Etat de l’activité partielle, sans reste à charge pour les entreprises de moins de 250 salariés, un report jusqu’à 12 mois des cotisations patronales des trois prochains mois, ou encore un prêt à taux zéro jusqu’à 50 000 euros sur trois ans octroyé par Bpifrance. De leur côté, les assureurs se sont engagés à traiter en priorité les situations les plus sensibles, avec des acomptes immédiats ou encore la prise en charge de la mise en sécurité des locaux.

Toutefois, la couverture des dégâts dépendra des garanties souscrites. Charge donc aux entreprises de vérifier leur police d’assurance ainsi que les éventuelles exclusions prévues par leur contrat, les garanties « émeutes et mouvements populaires » étant optionnelles de même que celles couvrant les pertes d’exploitation en cas de fermeture. « S’il y a quelques années, ce type d’événements était plus sporadique, nous observons aujourd’hui une récurrence de ces incidents, souligne Nuria Gorog, directrice crédit structuré et risques politiques d'AU Group. Mouvements sociaux, grèves, émeutes… : ces événements deviennent un paramètre que les entreprises doivent ajouter dans leur cartographie des risques. »

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