IA « fondamentale » versus IA « appliquée »

Publié le 21 janvier 2026 à 18h42

Christophe Morel    Temps de lecture 2 minutes

Alors que l’attention des investisseurs reste focalisée sur la rivalité entre les géants américains de l’intelligence artificielle, le véritable enjeu se joue ailleurs et sur un autre terrain.

Certes, les Etats‑Unis conservent une nette avance dans la course aux grands modèles de langage (LLMs), notamment grâce à l’accès privilégié aux puces les plus performantes de Nvidia. Mais l’écart se réduit rapidement. En Chine, des acteurs comme DeepSeek ou Moonshot AI progressent à grande vitesse, en misant sur l’efficience algorithmique et sur des modèles open source capables d’être déployés à très grande échelle.

Surtout, l’avantage déterminant ne réside pas dans la domination des modèles fondamentaux, mais dans la capacité à diffuser et industrialiser leurs usages. Sur ce terrain essentiel de la mise à l’échelle, la Chine apparaît nettement mieux positionnée. Ses technologies dites « incarnées », qui intègrent l’IA au monde physique – robotique, véhicules intelligents, objets connectés, etc. –, constituent désormais un atout majeur et mesurable. Le pays concentre près de 70 % des brevets accordés dans le monde. Et selon l’ASPI Tech Tracker, sur 74 technologies considérées comme « critiques », la Chine en domine 66 (quantique, défense et spatial, biotechnologies…), contre seulement 8 pour les Etats‑Unis.

La victoire de long terme ne se joue donc pas sur l’IA « fondamentale », mais sur l’IA « appliquée ». Et dans cette bataille décisive, la Chine a déjà pris une avance significative.

Christophe Morel Chef économiste ,  Groupama Asset Management

Christophe Morel est chef économiste de Groupama Asset Management

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