L’IA, moteur de croissance ou risque de concentration ?

Publié le 25 juin 2026 à 17h35

Laurent Denize    Temps de lecture 2 minutes

L’introduction en Bourse de SpaceX illustre l’enthousiasme qui entoure l’économie de l’intelligence artificielle (IA) et les technologies de rupture. Derrière cette opération spectaculaire se dessinent des besoins de financement liés au développement des infrastructures d’IA, qui pourraient relancer les marchés publics et ouvrir la voie à de nouvelles levées de capitaux d’envergure.

Cette dynamique repose sur la conviction des investisseurs selon laquelle les plus grandes entreprises technologiques disposent des ressources, des données et des effets d’échelle nécessaires pour continuer à croître à un rythme exceptionnel. La taille n’est plus perçue comme une limite à la croissance, mais comme un avantage susceptible d’alimenter une nouvelle phase d’expansion.

Pour autant, le marché n’est pas uniquement guidé par les fondamentaux. L’afflux massif de capitaux, la multiplication des records boursiers et l’adhésion à des visions ambitieuses témoignent d’un environnement de plus en plus spéculatif. Les risques de correction existent et ne doivent pas être sous-estimés.

La situation actuelle présente toutefois une différence majeure avec les précédents épisodes d’exubérance. Le boom est porté par des entreprises parmi les plus solides et les mieux capitalisées au monde. Elles disposent d’une capacité d’investissement considérable et d’une rentabilité qui leur permet de soutenir leurs ambitions de long terme.

Dans le même temps, la création de valeur se concentre sur un nombre restreint d’acteurs. Alors que quelques entreprises bénéficient pleinement de l’essor de l’IA, le nombre de perdants augmente. Cette concentration renforce la dépendance des marchés à l’égard d’un petit groupe de sociétés et accroît leur vulnérabilité en cas de déception.

Dans ce contexte contrasté, les investisseurs doivent faire preuve de vigilance, éviter les entreprises dont les modèles économiques risquent d’être durablement fragilisés par les transformations en cours, tout en conservant une exposition aux bénéficiaires établis de cette révolution technologique.

Laurent Denize global CIO ,  ODDO BHF Asset Management

Laurent Denize est global CIO chez ODDO BHF Asset Management.

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