ISR

Vladimir Demine, co-gérant et responsable de la recherche ESG MS INVF Global Sustain, Morgan Stanley IM

"La pertinence des considérations ESG a été renforcée au cours de la pandémie"

Option Finance - 14 décembre 2021 - Zoom

ESG

"La manière dont les entreprises ont traité leurs collaborateurs dans ce contexte affectera la réputation des des entreprises à long terme, tant positivement que négativement."

Au cours de l’année 2020, avez-vous observé un changement d’intérêt de la part des investisseurs en matière d’ESG ? Ceux-ci semblent se tourner désormais davantage vers les problématiques sociétales et liées à la gouvernance que vers les sujets environnementaux.

Parfaitement. La pertinence des considérations ESG a été renforcée au cours de la pandémie. Immédiatement, l’accent a été mis sur la composante sociale. La manière dont les entreprises ont traité leurs collaborateurs dans ce contexte affectera la réputation des entreprises à long terme, tant positivement que négativement. Nous avons suivi de près les mesures mises en œuvre, en particulier sur le plan social.

Au sein de notre portefeuille, les sociétés du secteur de la santé ont travaillé avec les gouvernements pour étendre l’accès aux diagnostics, développer des tests et des traitements potentiels de la Covid. Dans les technologies de l’information, nous avons assisté à une véritable accélération numérique. Ces acteurs fournissent des outils essentiels qui aident les entreprises et la société en général à demeurer résilientes. Dans les biens de consommation de base, les grandes marques ont reconnu la nécessité de passer d’une stratégie marketing à une stratégie centrée sur le consommateur et ses besoins. Du fait de la résilience de leurs activités, les sociétés dans notre portefeuille n’ont généralement pas eu à mettre en place des plans de licenciement pendant la pandémie.

Ces constats nous amènent à la question de la gouvernance. Cette crise est un véritable test des stratégies de gestion des risques mises en place par les entreprises. Celles dont la gestion bilancielle est prudente et dont les politiques de rémunération des dirigeants mandataires sociaux sont axées sur le long terme devraient être mieux positionnées pour faire face aux défis à venir. Nous n’avons jamais transigé sur la qualité et la compétence des équipes de direction, qui sont aux fondements même de la résilience des entreprises et de leurs perspectives de succès et ce, encore plus aujourd’hui.


Comment votre fonds a-t-il performé durant la pandémie de la Covid-19 ?

Le fonds a enregistré de solides performances, comparé à son indice de référence, le MSCI World Index. Notre processus d’investissement a fait ses preuves lors des précédents ralentissements économiques et a de nouveau montré sa résistance lors des perturbations du premier trimestre 2020. La raison principale est que nous investissons dans des entreprises qui ont de fortes capacités d’adaptation et de résilience. Les sociétés que nous recherchons doivent avoir une position dominante sur leurs marchés et des flux de trésorerie prévisibles ; disposer d’actifs incorporels plutôt que corporels, leur donnant l’opportunité de fixer plus librement leurs prix, même si la demande devait reculer temporairement. Le fait qu’une entreprise dispose principalement d’actifs intangibles lui permet le plus souvent de bénéficier d’un retour sur capitaux employés élevé. Elle génère habituellement des flux de trésorerie plus importants, permettant d’assurer la redistribution d’une part des bénéfices aux actionnaires, mais aussi de financer son développement. C’est notre définition de la résilience.


Quelles sont vos perspectives pour les prochains mois ?

Nous sommes des investisseurs bottom-up et la rotation annuelle typique du portefeuille est d’environ 20 %. Au premier trimestre, lorsque le marché a fortement chuté, nous n’avons pas apporté de changements radicaux. Le fonds est conçu pour résister aux baisses du marché et pour croître sur le long terme, soit trois ans ou plus selon nos critères. Nous restons prudents quant à l’environnement à venir et ne sommes pas convaincus que tous les dommages économiques potentiels de la crise soient aujourd’hui intégrés dans les prix. Même si les marchés sont de plus en plus optimistes, soutenus par la découverte d’un vaccin, la qualité reste, à notre avis, l’approche à privilégier. 

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