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Les rencontres climat et finance durable

Le rôle crucial de l’engagement actionnarial dans la transformation de l’économie et dans la transition écologique

Option Finance - 17 mars 2021 - Anne del Pozo

Le risque climatique est aujourd’hui considéré comme un risque systémique pour la stabilité financière. Une évolution qui a conduit à la consolidation de l’engagement actionnarial.

L’engagement est une pratique ancienne de finance durable, aujourd’hui mis en avant par les sociétés de gestion françaises qui font de la sélection d’actions sur des critères ESG. « L’analyse ESG nous a permis de déceler des points de faiblesse sur des sujets environnementaux mais aussi sociaux, constate Anne-Catherine Husson-Traore, directrice générale de Novethic. L’engagement actionnarial commence souvent par un dialogue privé. Ensuite, la partie la plus visible de l’engagement est celle de la communication via les assemblées générales. Il est d’autant plus visible lorsqu’elle fait l’objet d’une coalition entre actionnaires de poids. Ce qui reflète le plus la montée en puissance de ce mode d’engagement c’est la coalition “Planet Action 100 +” lancée lors du One Planet Summit de Paris en 2017. Elle rassemble aujourd’hui 545 investisseurs qui pèsent 52 000 milliards de dollars et ciblent 187 entreprises qui représentent plus de 80 % des émissions de CO2 de la planète. »

Des prises de position plus fortes

L’évolution de l’engagement se traduit aussi par des prises de position plus fortes sur des questions environnementales et sociales. « Cette évolution passe par des processus plus formalisés avec la mise en place d’outils ad hoc qui permettent de réaliser les politiques d’engagements et de les suivre, explique Alea Cozic, ESG Analyst chez Fidelity International. A cet effet, Fidelity a 180 analystes dans le monde qui initient et participent à ces engagements. Cette évolution passe aussi par des prises de position dans les AG et des votes d’actionnaires et/ou public sur des questions environnementales ou sociales, etc. Ces engagements doivent devenir collaboratifs. »

Une accélération de l’engagement

Parallèlement, nous assistons actuellement à une accélération de l’engagement par les différents asset managers, ainsi qu’à sa structuration. « Les asset managers entendent désormais montrer en quoi ils contribuent à cette transition énergétique indique Caroline Le Meaux, responsable de la recherche ESG d’Amundi Asset Management. C’est également la conséquence de l’influence bénéfique des régulations. Il faut aussi que l’économie transite vers une dimension low carbone, ce qui nécessite d’embarquer tous les acteurs dans une dynamique positive. Nous avons aussi un rôle d’éducation de l’ensemble de la chaîne. »

Une démarche également mise en œuvre chez Aviva Investors. « L’engagement n’est pas nouveau, explique Sophie Rahm, global head of ESG solutions chez Aviva Investors. Ce qui change aujourd’hui, ce sont les leviers et les pratiques que nous mettons en place. Désormais, les points de pression se multiplient et les discours financiers et extra-financiers ne doivent faire plus qu’un. Nous avions aussi l’habitude d’opposer les engagements et les investissements. Aujourd’hui, nous sommes plutôt dans une dynamique d’accompagnement conditionnel. Il y a un faisceau de différentes parties, y compris réglementaires qui nous obligent à être plus transparents, plus engageants et plus démonstratifs. » La transition doit se faire vers un modèle global qui intègre tous les secteurs de l’économie. La Covid-19 est, de ce point de vue-là, une opportunité. 

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