Stratégie

Pierre Gauvry, sales manager et Frédéric Ceyte, head of sales & marketing, Finance Active

Le digital facilite l’accès au Trade Finance

Option Finance - 26 Juin 2020 - Pierre Gauvry et Frédéric Ceyte

Trade Finance

Selon une récente étude de l’OCDE, le ratio coûts/revenus typique dans le Trade Finance traditionnel est de 50-60 %. La couverture des dépenses opérationnelles mobilise donc plus de la moitié du prix demandé aux entreprises pour accéder à ces transactions, avant même de couvrir les coûts du risque, de la liquidité et du capital. Comment, dans ce contexte, faciliter l’accès aux solutions de Trade Finance ?

Pourquoi les charges des entreprises dans le Trade Finance sont-elles encore si importantes ?

P.G. : Les banques et assurances font face à des exigences réglementaires de plus en plus grandes, notamment au regard des obligations de KYC. Cela engendre des charges opérationnelles supplémentaires qui se reflètent sur les délais et les coûts de transaction.

Du côté des entreprises, la gestion administrative est souvent lourde et très consommatrice de ressources. Selon les pays, natures et maturités, notre observatoire Finance Active des conditions moyennes pratiquées relèvent des coûts de l’ordre de 0,125 % à 0,75 % du montant total de la transaction et parfois davantage lorsqu’il y a une réémission en local. À l’émission, le temps de traitement administratif est long, de cinq jours à plusieurs semaines. Cela implique au sein de l’entreprise une bonne organisation entre les différentes parties prenantes pour suivre correctement les échéances, les frais, etc. Une exigence renforcée si ces entreprises émettent des produits complexes à l’international et doivent échanger avec leurs garants. Pour des groupes multi-filiales qui émettent des centaines de garanties par an, la consolidation de plusieurs dizaines de fichiers Excel, provenant de leurs différentes filiales, est là aussi très chronophage.

Les prestataires bancaires/assurances proposent-ils aux entreprises des outils de gestion de Trade Finance ?

P.G. : Ils mettent leurs propres outils à disposition de leurs clients. Cependant, ces outils sont par nature mono-garants, hormis e-cautions qui couvre en France le marché des émissions de garanties standards, comme celles émises par les BTPistes. D’autre part, ces outils ne couvrent pas tous les besoins internes de l’entreprise, comme l’agrégation de l’ensemble des positions du groupe et le workflow de validation interne.

Dans ce contexte, quelle réponse technologique apporte Finance Active ?

P.G. : Avec Fairways Garanties, Finance Active propose une solution SaaS de gestion des garanties et cautions. Nous répondons aux principales difficultés rencontrées par les trésoreries, à savoir l’automatisation des reportings des engagements hors bilan.

Créée il y a huit ans, la solution Fairways Garanties a été enrichie au fur et à mesure grâce à l’expertise de nos clients, qui font partie des plus grands émetteurs en Europe de l’Ouest. Par exemple, nous permettons d’optimiser la gestion de la transaction grâce à un workflow adapté à l’entreprise, structurant notamment le process de validation interne. Nous mettons également à disposition de nos clients un module exclusivement dédié aux demandeurs de l’entreprise, ultra-simplifié et sur lequel il est possible de faire une demande, de stocker des documents, etc. Nous entendons ainsi fluidifier des process qui sont encore aujourd’hui jusqu’à 100 % manuels.

Comment avez-vous aidé vos clients à gérer la situation inédite de la pandémie de Covid ?

F.C. : Nous avons observé une très forte utilisation de notre solution depuis le début de la crise. Disponible en mode SaaS, notre solution est collaborative et accessible partout. Nos clients ont donc pu travailler facilement à distance, sans qu’il y ait de retard pour leur clôture du 1er trimestre. Certains de nos prospects ont pour leur part récemment repris contact avec nous car ils ont atteint les limites d’Excel et/ou des produits maison.

Que manque-t-il aujourd’hui dans le paysage du Trade Finance ?

F.C. : Nous avons consacré les huit dernières années à digitaliser la collaboration en interne chez nos clients entreprises. Nous nous apercevons néanmoins que le mail et le téléphone sont encore en position de force lors des émissions de garanties non standards, avec beaucoup d’allers-retours entre les parties. De nombreuses initiatives s’efforcent de résoudre ce problème, notamment Swift ainsi que plusieurs projets blockchain. Cependant, elles ne prennent pas en charge le cas des garanties spécifiques, de nature plus complexe. Chez Finance Active, nous proposons de digitaliser ce cas d’usage et de fluidifier la communication entre les entreprises et les banques. Depuis six mois, nous travaillons avec nos clients et certains garants internationaux sur ce sujet et projetons de le traiter avec des solutions concrètes à l’horizon du 1er trimestre 2021.