La réforme de la titrisation en Europe va permettre aux assureurs de se diversifier plus largement dans ces instruments financiers et de bénéficier de leurs primes de complexité. Les gérants attendent une progression rapide de ce marché et adaptent leurs offres. Mais l’engouement pourrait accentuer la pression sur les spreads.
Depuis quasiment deux décennies, la titrisation européenne est restée en retrait, freinée par un cadre prudentiel contraignant et le traumatisme de la crise financière de 2008. Alors que les Etats-Unis développaient un marché profond et largement intégré aux bilans des investisseurs institutionnels, l’Europe a vu sa base d’acheteurs se contracter et ses émissions se réduire par rapport au début des années 2000. Mais le contexte a changé. Face aux besoins massifs de financement de la transition énergétique, de la défense et de l’innovation, Bruxelles cherche désormais à mobiliser toutes les sources de capitaux disponibles. A la suite des rapports Letta et Draghi sur l’Union des marchés de capitaux (UMC), le nouvel exécutif européen a clairement identifié la relance de la titrisation comme un levier stratégique pour renforcer la compétitivité et la capacité de financement de l’économie européenne. La Commission européenne a donc dévoilé en juin dernier son projet de réforme, autour de trois piliers : la révision de la directive Solvabilité II pour les assureurs, déjà adoptée et qui entre en application début janvier 2027, la réforme du CRR (Capital Requirements Regulation) pour les banques, une réglementation de niveau 1 nécessitant un trilogue européen actuellement en phase parlementaire, et enfin la révision de la Securitisation Regulation définissant les exigences réglementaires pour les émetteurs et les investisseur...