Stratégie

Dan Sayag, directeur général, Amilton AM

«Nous voulons poursuivre notre stratégie de croissance externe»

Option Finance - 2 décembre 2019 - Propos recueillis par Séverine Leboucher

Stratégie

«Avec l’acquisition de LFPI AM, nous atteignons 1,2 milliard d’euros d’actifs sous gestion.»

Dan Sayag, directeur général, Amilton AM
Amilton AM

Amilton AM vient d’acquérir la société de gestion LFPI AM. Pourquoi cette fusion ?
Depuis sa création en 2007, Amilton AM est historiquement centrée sur la clientèle privée et les petits institutionnels, notamment les multigérants, grâce à notre expertise sur les petites et moyennes capitalisations et en gestion diversifiée. Nous avons également développé une offre auprès des CGP, notamment sous forme de fonds dédiés, suite à l’acquisition, en 2012, de Swan Capital Management. Enfin, nous avons un pied dans le marché des grands institutionnels à travers notre fonds 2i Selection, reconnu comme «Fonds de Place» par l’Af2i, mais sans avoir la taille suffisante pour attirer cette clientèle sur nos autres expertises. Nos encours sous gestion atteignent en effet 750 millions d’euros – dont 40 % pour les CGP et 30 % pour la gestion privée – alors que l’on estime généralement à un milliard d’euros le seuil pour entrer dans les radars institutionnels. LFPI Asset Management, en revanche, est spécialisé en gestion obligataire pour le compte d’institutionnels et dispose d’un encours sous gestion de 400 millions d’euros. Les synergies sont donc évidentes : par cette acquisition, nous complétons notre offre par un savoir-faire obligataire et nous nous rapprochons de la clientèle institutionnelle en atteignant 1,2 milliard d’euros d’actifs sous gestion. Inversement, nous permettons à LFPI AM de pénétrer le marché des CGP.

Cette opération donne également lieu à une réorganisation de votre capital avec l’entrée du groupe LFPI. Quelles perspectives cela vous donne-t-il ?
Le groupe LFPI, dont dépendait LFPI AM, devient actionnaire d’Amilton AM à hauteur de 60 %, les associés fondateurs conservant les 40 % restant. C’est un acteur spécialisé en gestion alternative (private equity, dette privée, immobilier) qui gère 5 milliards d’euros d’actifs, principalement au profit d’une clientèle institutionnelle. Ce rapprochement pourra à terme faciliter les passerelles entre nos offres dans l’univers coté et les leurs, dans le domaine des actifs réels. L’entrée de ce nouvel actionnaire de référence nous permet également d’accroître notre assise financière pour pouvoir poursuivre notre stratégie de croissance externe ambitieuse.

Quelles sont vos cibles ?
Nous voulons participer à la consolidation du secteur de la gestion d’actifs français, alors que beaucoup de sociétés de gestion indépendantes ont été affaiblies par un contexte de marché difficile depuis l’an dernier. Nous sommes aussi à l’écoute d’opportunités dans le segment de la distribution – réseaux de CGP par exemple –, dans une logique d’intégration plus verticale.