Stratégie

Taux négatifs

Une nouvelle ère pour les gérants

Option Finance - 20 avril 2015 - Audrey Spy

BCE

Plus de 20 % du stock de dettes obligataires souveraines et corporate en zone euro se traitent actuellement en territoire négatif. Et cette tendance n’est pas près de s’inverser. Pour les investisseurs, trouver des sources de rendement sur les marchés nécessite donc d’augmenter leur prise de risques.

Guillaume Rigeade, gérant dettes souveraines, Edmond de Rothschild Asset Management
Edmond de Rothschild Asset Management

Début avril, la Suisse a émis une obligation à dix ans avec un coupon négatif à - 0,05 %, une première dans l’histoire du marché obligataire souverain européen ! Cependant, si cette opération a marqué les esprits, ce n’est pas tant pour son absence de rendement que pour sa maturité. «Sur des échéances plus courtes, inférieures à cinq ans, le marché a déjà connu trois émissions d’Etat offrant un taux de rendement négatif en 2014 et même une quinzaine depuis le début de l’année, constate Guillaume Rigeade, gérant dettes souveraines chez Edmond de Rothschild Asset Management. L’Allemagne, mais aussi les Pays-Bas, la Finlande, l’Autriche ou encore la France, ont proposé des taux de rendement allant de - 0,10 % à - 0,30 %. Malgré ce rendement négatif, ces pays ont réussi à lever plus de 50 milliards d’euros, preuve qu’il existe une demande de la part des investisseurs.» Mais depuis l’émission suisse, les gestionnaires n’excluent plus une propagation des taux négatifs sur les émissions primaires de maturité longue et ce même sur les obligations d’entreprises. Pour le moment, ce dernier schéma ne s’est pas encore matérialisé. «Quelques corporates ont émis à taux négatif depuis le début de l’année mais sur des maturités très courtes, comme l’illustre l’émission à un mois de BMW (- 0,02 %), confirme Guillaume Rigeade. Mais sur le marché secondaire, les obligations d’émetteurs corporate qui se traitent à des niveaux négatifs sont plus nombreuses, c’est le cas de Nestlé, Danone…»

De fait, le stock de dettes en territoire négatif ne cesse de progresser.

Eric Bertrand, directeur de la gestion taux et crédit, CPR AM
CPR AM

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