Après s’être généralisé durant la pandémie de Covid-19, le recours au télétravail s’est depuis imposé comme une pratique reconnue au sein de la plupart des cabinets d’audit. Si ces derniers y voient un facteur d’attractivité dans le cadre de leur politique de recrutement et de rétention des talents, beaucoup cherchent toutefois à en restreindre l’usage.
L’annonce de PwC UK n’avait pas manqué de faire grand bruit. En septembre dernier, la branche anglaise du Big avait en effet prévenu ses auditeurs qu’elle contrôlerait leurs ordinateurs à compter de ce début d’année 2025, de manière à s’assurer qu’ils ne télétravaillent pas plus de deux jours par semaine. Intervenue dans un contexte plus global de remise en cause du télétravail par plusieurs grands groupes internationaux de tous secteurs (Amazon, Tesla…), la décision de PwC UK reste encore largement isolée dans l’univers de l’audit, outre-Manche comme ailleurs. Pour autant, force est de constater qu’elle reflète la volonté de nombreux cabinets, y compris en France, d’encadrer plus strictement cette pratique.
Jusqu’à deux jours par semaine
Cette dernière, qui s’est généralisée dès 2020 au plus fort de la pandémie de Covid-19, était jusqu’alors confidentielle dans cette industrie. C'est donc peu dire que son essor a bouleversé les habitudes des professionnels. « Le télétravail n’est clairement pas dans notre ADN, mais nous avons dû nous adapter d’abord face à la situation sanitaire, puis face aux pressions de nombreux collaborateurs qui ont insisté pour son maintien », témoigne l’un d’eux. A la sortie des dernières mesures de confinement, en juin 2021, « les cabinets d’audit ont établi une forme de charte de télétravail qui, le plus souvent, donne aux auditeurs la possibilité d’être en télétravail deux jours par semaine », informe Jean-François Gajewski, professeur des Universités en Finance (Université Jean...