Et si les masters en finance et les stages en banques d’investissement n’étaient pas systématiquement la voie toute tracée pour entrer dans la gestion d’actifs ? Quelques asset managers ont suivi des trajectoires de carrière bien peu classiques. Anciens militaires, philosophes, sportifs de haut niveau… ils témoignent de leur parcours jusqu’à la gestion de portefeuille.
Ses yeux n’ont pas toujours été rivés sur les terminaux Bloomberg. Quand il était capitaine au sein des forces spéciales de l’Armée de terre, Quentin Dumortier veillait avant tout à la sécurité de son commando sur le terrain des opérations, qu’elles soient en Afrique, au Moyen-Orient ou en Asie centrale. Mais après une dizaine d’années de vie militaire, il décide de passer à autre chose. « A l’issue de mon expérience sur le terrain, l’étape suivante était de préparer le concours de l’Ecole de guerre pour ensuite rejoindre l’état-major : la fin de ce temps opérationnel était un moment cohérent pour quitter l’institution et j’ai choisi de m’orienter vers un MBA pour entamer ma reconversion », explique celui qui est désormais gérant-fondateur d’Atlas Responsible Investors, un hedge fund dédié à l’investissement durable.
Des chemins improbables
Un parcours des plus atypiques au sein de l’asset management : l’essentiel des professionnels de la gestion d’actifs suivent un cursus classique d’études financières, entrecoupées de stages dans de grandes banques et couronnées par l’obtention du CFA. Mais Quentin Dumortier n’est pas non plus une exception. Quelques gérants le sont devenus par des voies détournées, parfois improbables. A l’image d’Alexis Bienvenu, agrégé en philosophie qui, à l’issue de sa thèse, entre presque à son insu dans le monde de l’asset management. « Mes recherches se focalisaient sur la philosophie des sciences et plus précisément, sur le rôle croissant joué par les probabilités dans les...