Confrontés à des pratiques frauduleuses de plus en plus nombreuses et complexes, les grands groupes se mobilisent, en créant des cellules de lutte contre la fraude. Certains privilégient des équipes très resserrées, tandis que d’autres recrutent de nombreux profils complémentaires.
Plus d’une entreprise sur deux (55 %) a été victime d’une fraude entre 2012 et 2014, selon l’étude Global Economic Crime Survey de PwC.«Surtout, elles sont de plus en plus confrontées à des fraudes d’envergure, plus coûteuses et plus techniques, comme la désormais célèbre fraude au président, qui a révélé l’habileté des escrocs, note Stéphanie Lhomme, directrice du département compliance, forensics & intelligence Europe Afrique de Control Risks. Parallèlement, les entreprises ont parfois tardé à s’adapter en conservant les mêmes méthodes de prévention et de contrôle depuis des années, ce qui les rend vulnérables.» Face à une telle menace, les sociétés qui en avaient les moyens ont créé des équipes de lutte contre la fraude afin de répertorier les différentes pratiques, de trouver des solutions pour les contrer et de réagir en cas de crise.
Dimensionner son équipe en fonction de ses risques
Dans tous les grands groupes, une équipe a ainsi été lancée – ou renforcée – ces dernières années. Plusieurs stratégies ont alors été adoptées. Certaines entreprises préfèrent que la cellule anti-fraude reste aux mains de quelques experts seulement. Leur rôle se concentre alors essentiellement sur la coordination entre les experts en interne et les multiples interlocuteurs externes, comme les conseils juridiques, en informatique, de gestion de crise ainsi que la police et la gendarmerie (voir encadré).
D’autres sociétés ont préféré recruter davantage pour répondre à des besoins plus lourds de lutte contre la fraude. Des dizaines de...