Entre les reports de crédit et l’octroi des prêts garantis par l’Etat (PGE), les banquiers en charge de la clientèle des entreprises ont été très sollicités ces deux derniers mois. Pour traiter ces dossiers en un temps limité malgré les contraintes liées au confinement, les établissements bancaires ont dû revoir leur organisation.
Alors que mon agence bancaire compte habituellement 18 conseillers, seuls trois étaient joignables pendant le confinement. Lorsque je l’ai appris, j’ai mieux compris pourquoi mes requêtes avaient peu avancé au cours des dernières semaines !» A l’instar de ce directeur financier d’une ETI normande, certains responsables financiers d’entreprise se montrent critiques quant à la manière dont les banques ont géré leurs dossiers depuis le début de la crise. Un mauvais procès, rétorquent bon nombre de leurs homologues. «Plus de 90 % de nos effectifs étaient disponibles pendant la période, assure Sébastien Musset, directeur général adjoint du groupe Arkéa. Une rotation a été organisée entre les collaborateurs pour permettre au mieux l’organisation avec les impératifs de vie personnelle notamment pour garde d’enfants.»
Depuis mi-mars, les banques n’ont, il est vrai, pas chômé. Par exemple, 343 879 entreprises avaient déjà bénéficié à la fin du mois d’avril d’un prêt garanti par l’Etat (PGE), mis en place à peine un mois et demi plus tôt... Un nombre considérable lorsqu’on sait qu’habituellement, les entreprises peuvent attendre plusieurs semaines avant que leur crédit ne leur soit octroyé.
Des opérations impossibles à distance
Pour pouvoir proposer ces prêts aussi rapidement et répondre à la demande de leurs clients, les établissements bancaires ont dû adapter de fond en comble leurs méthodes de travail. Dès l’annonce du confinement, une majeure partie des chargés d’affaires a été mise en télétravail. «Les accès...