Face aux risques de fraude interne, la plupart des entreprises ont considérablement renforcé leurs dispositifs de prévention et de détection. Si l’ensemble des départements sont impliqués, la finance joue en la matière un rôle central.
Chaque année en France, la fraude interne occasionne, selon l’Association des professionnels et directeurs de comptabilité et gestion (APDC), une perte d’au moins 5 % du chiffre d’affaires des sociétés. «Fait important, le taux de récupération des pertes financières générées par ces fraudes est extrêmement faible, insiste Francis Hounnongandji, président de l’Association of Certified Fraud Examiners (ACFE) France. Raison pour laquelle il est indispensable que les entreprises se concentrent prioritairement sur la prévention et, surtout, que le sujet soit porté par ses instances dirigeantes.» Si le succès d’une stratégie de lutte contre la fraude interne relève ensuite de l’implication de chacun dans l’entreprise, sa mise en œuvre et son pilotage n’en sont généralement pas moins placés sous la responsabilité collégiale du contrôle interne, de la direction des risques, de la direction de la conformité et de la direction financière (trésorerie notamment). «La composition du comité de pilotage en charge du programme dépend de la culture de l’entreprise, explique Philippe Hellich, fondateur et dirigeant de Risk & Trust, ancien directeur des risques, du contrôle et de l’audit de grands groupes internationaux. Dans certains d’entre eux, les services juridiques, RH et de communication sont également inclus.»
Une séparation des tâches
Au sein du fournisseur de solutions de levage pour l’industrie de la construction Manitowoc, par exemple, la lutte contre la fraude interne est pilotée par une équipe transverse. «...