Alors que de nombreuses entreprises françaises ont encore fait l’objet de tentatives de fraude en 2018, la période des vacances d’été est généralement prisée par les escrocs qui profitent de l’absence de certains responsables financiers. Afin de les contrer, une sensibilisation des équipes et un renforcement des procédures de paiement s’imposent.
«Je suis très inquiet !», le président de l’Association des directeurs financiers et de contrôle de gestion (DFCG), Bruno de Laigue, ne masque pas son inquiétude. «Les dirigeants d’entreprise sont conscients du risque de fraude mais ne font rien pour s’en prémunir. Comme si cela n’arrivait qu’aux autres.»Le 5e Baromètre réalisé par Euler Hermes pour la DFCG (voir encadré) fait, il est vrai, apparaître que 78 % des entreprises interrogées craignent une accentuation du risque de fraude et de cybercriminalité, mais 59 % n’ont débloqué aucun budget pour s’en prémunir.
Compte tenu de la période, il y a pourtant urgence : c’est en effet durant le week-end et pendant les vacances, quand le dirigeant ou le directeur financier sont absents, que les plus «belles» arnaques ont lieu. Le fraudeur – ou plutôt les fraudeurs puisqu’ils agissent généralement en bande organisée – ont alors toute latitude de se faire passer pour le manager absent et duper les collaborateurs encore en poste. «Les fraudeurs sont toujours très bien informés», confirme Bernard Gall, trésorier d’Eurazeo et président de la commission Lutte contre la fraude de l’Association française des trésoriers d’entreprise (AFTE). Si bien informés qu’ils sont capables de construire un scénario parfaitement crédible et d’agir au bon moment.
Ne pas hésiter à décrocher son téléphone
Avant de partir en vacances, mieux vaut donc pour les responsables financiers vérifier les procédures de prévention des risques. Tout en gardant à l’esprit que «la vigilance humaine reste le meilleur rempart contre ce type de fraude», estime Bernard Gall.