En l’espace de cinq ans à peine, le métier de trésorier a considérablement évolué. Sous l’impulsion des nouveaux outils de trésorerie et de la croissance de la réglementation, la profession se voit dotée de nouvelles prérogatives, sur les sujets informatiques et réglementaires notamment.
Un homme de 46 ans, exerçant dans une entreprise de la région parisienne réalisant plus d’un million d’euros de chiffre d’affaires : voici le portrait type du trésorier en 2019, dressé par l’Association française des trésoriers d’entreprise (AFTE) dans le cadre d’une enquête qu’elle vient de publier. Mais au-delà de ces caractéristiques, il ressort surtout que la manière de travailler des trésoriers s’est fortement transformée ces dernières années.
Des opérations automatisées
Si les missions du trésorier restent les mêmes, leur travail quotidien s’est en effet considérablement digitalisé. «En vingt ans, nous sommes d’abord passés de flux papier à des flux largement dématérialisés, puis nous avons intégré les nouvelles technologies sous la forme des plateformes, des algorithmes et bientôt de la blockchain», remarque Emmanuel Rapin, secrétaire général de l’AFTE. Les banques, sous l’impulsion notamment des fintechs, font il est vrai peu à peu évoluer leurs outils, ce qui simplifie le travail des trésoriers. «Avant, le suivi des frais bancaires était effectué facture par facture ; désormais, les banques commencent à proposer des outils de reporting de ces frais : les CAMT086 par exemple», observe Mickael Djafarpour-Latreille, manager du middle office et du credit management chez Accor. Et ce n’est pas le seul domaine dans lequel les choses ont évolué. «Il y a encore dix ans, nous recevions les confirmations d’opérations de change ou de placement de trésorerie de la part des banques par fax, rappelle Romy Tognon, responsable de la trésorerie groupe chez Rexel. Désormais, ce processus est automatisé par signature électronique.»