Spécialisé dans la fabrication de dispositifs de protection des systèmes électriques embarqués, l’équipementier automobile Delfingen (230 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2019) a vu son activité se réduire fortement dans les semaines ayant suivi le déclenchement de la crise sanitaire. Pour faire face à cette difficulté, le groupe a mis en place diverses mesures dédiées à la préservation de sa trésorerie. Au cours du deuxième semestre, ses ventes se sont nettement redressées, et l’entreprise a pu mener à bien, malgré la dispersion de ses équipes, l’acquisition d’une partie de l’activité de l’un de ses principaux concurrents, l’Allemand Schlemmer. Alors qu’une nouvelle année s’ouvre, le groupe entend désormais saisir les nombreuses opportunités offertes par le développement des véhicules hybrides et électriques. Christophe Clerc, vice-président exécutif en charge des finances, des ressources humaines et des fonctions juridiques, revient en détail sur cette actualité.
Comment la crise sanitaire a-t-elle affecté l’activité de votre entreprise ?
Delfingen est un équipementier automobile familial coté, spécialisé dans la conception et la fabrication de solutions de protection pour les réseaux électriques et de fluides embarqués. Nos produits équipent des voitures thermiques, hybrides et électriques. Notre groupe dispose d’une trentaine de sites implantés dans une vingtaine de pays, et compte plus de 3 000 collaborateurs. L’an dernier, nous avons réalisé 95 % de notre chiffre d’affaires de 230 millions d’euros à l’international.
La propagation de l’épidémie de Covid-19 et l’instauration du premier confinement ont contraint la plupart de nos clients constructeurs à fermer leurs usines et à suspendre leurs approvisionnements. Par conséquent, notre activité a chuté de plus de 70 % entre la mi-mars et la mi-juin. Partout dans le monde, nous n’avons eu d’autre choix que de mettre nos chaînes de production à l’arrêt, d’alterner des ouvertures et des fermetures brèves ou d’avoir recours à des effectifs réduits sur des plages horaires réduites. En France, notre siège et centre logistique d’Anteuil, à partir duquel nous livrons une partie de nos clients européens et nord-africains, a d’abord fermé ses portes quelques jours avant de fonctionner à 50 % de ses capacités jusqu’en juin. A l’été, notre activité a retrouvé son niveau d’avant la crise. Septembre, octobre et novembre ont été des mois records pour l’entreprise. Un dynamisme qui s’explique par la reprise du marché automobile et, surtout, par l’explosion de la demande en véhicules hybrides et électriques, soutenue par les nombreux dispositifs publics d’aide à l’électromobilité mis en place dans un grand nombre de pays.