Si les rémunérations variables versées cette année au sein des directions financières n’augmentent que très progressivement, celles-ci tendent en revanche à s’étendre à un plus grand nombre d’entreprises. Leur attribution dépend quant à elle de plus en plus souvent de la réalisation de projets.
Le bonus de près de 1,8 million d’euros attribué pour l’exercice 2015 au PDG de Renault, Carlos Ghosn, a contribué à alimenter la polémique sur la rémunération des dirigeants.
A la suite de cette affaire, l’Assemblée nationale vient d’ailleurs de décider d’instaurer un vote contraignant des actionnaires à ce sujet (voir encadré). Au sein des directions financières, une telle mesure n’a pour l’instant pas de raison d’être, les bonus étant loin d’atteindre des sommets comparables. Ceux versés cette année au titre de 2015 sont néanmoins en légère progression. «Pour l’ensemble des entreprises, nous notons une modeste augmentation des rémunérations variables accordées cette année aux membres des directions financières, relève Ludovic Bessière, national business director de la division finance et comptabilité chez Hays.Cette tendance à la hausse n’est pas nouvelle puisqu’elle s’observe chaque année depuis cinq ans.»
Si les recruteurs ne s’entendent pas sur le niveau précis de cette augmentation, tous notent de fortes disparités entre les entreprises, certaines directions financières n’ayant même accordé aucune rémunération variable. «Environ trois entreprises sur quatre distribuent des rémunérations variables aux membres de la direction financière», estime Mikaël Deiller, practice manager chez Michael Page. Cette pratique tend toutefois à s’élargir. «Nous observons une systématisation des rémunérations variables dans les directions financières, relève Laurent de Bellevue, directeur associé chez Robert Walters. Ce phénomène ne concerne pas uniquement les grandes entreprises. En effet, les PME ont également besoin de fidéliser leurs équipes, d’autant plus que celles-ci sont de taille réduite.»