Après plusieurs années passées à travailler dans la finance, de nombreux professionnels aspirent à une autre vie. Mais ceux qui parviennent à concilier leur passion avec leur nouvelle activité professionnelle ont dû s’adapter tant sur le plan personnel que, souvent, financier.
«Lors d’une réunion des anciens de la CDC à laquelle j’ai participé récemment, j’ai constaté qu’un tiers des personnes avec lesquelles j’avais travaillé avaient quitté les salles de marché», confie Florence Soulé de Lafont, associée chez Heidrick & Struggle qui, après un début de carrière en finance à la CDC puis chez Ixis CIB, est devenue en 2007 chasseur de têtes. Après dix, quinze voire vingt ans passés dans la finance, de nombreux professionnels aspirent en effet à une nouvelle vie. Pour certains, le changement est radical car ils deviennent galeriste, organisateur de concerts, exploitant agricole, restaurateur, hôtelier, ou même artiste… Visiblement, la finance mène à tout dès qu’on en sort !
Parmi les financiers qui parviennent à se reconvertir, deux profils néanmoins se distinguent. Les premiers, souvent quadragénaires ou quinquagénaires, ont décidé de profiter de leurs gains passés pour ralentir leur rythme de vie. «Des traders ou des banquiers d’affaires qui ont gagné beaucoup d’argent décident parfois de se retirer des affaires pour créer des domaines viticoles, des hôtels ou des chambres d’hôtes», témoigne Romain Boisnard, associé chez Tillerman. Après avoir passé onze ans comme managing director chez Goldman Sachs, Benoît Hérault a suivi cette voie en ouvrant en 2011 les Chambres de l’Artémise à Uzès. La vente d’une société peut aussi être l’élément déclencheur : après avoir cédé ses parts dans Quilvest, Dominique Boisseau a ainsi décidé de se consacrer à son exploitation d’oliviers dans l’Aude (voir encadré). Dans la plupart des cas, ces anciens financiers cherchent plus à se faire plaisir qu’à se lancer dans une nouvelle activité lucrative.