Très recherchés par les banques depuis environ trois ans, les collaborateurs en charge de veiller à la légalité des opérations restent extrêmement prisés, d’autant que les assureurs et les entreprises commencent à s’intéresser à ce type de spécialistes. Les auditeurs, notamment, figurent parmi les profils ciblés.
Venue mettre fin à plusieurs années d’enquête sur la violation d’embargos américains, la lourde condamnation de BNP Paribas outre-Atlantique, en juin dernier, a braqué les projecteurs sur un métier en plein développement depuis près de trois ans au sein des établissements bancaires : celui de la «compliance». Chargés de veiller à la conformité aux réglementations et aux lois internationales des opérations effectuées par le groupe, les départements dédiés à cette tâche ont en effet vu, dès la mise en place des premières sanctions liées à la crise financière – crise des subprimes, notamment –, leurs effectifs se renforcer considérablement. Lors d’une conférence auprès d’investisseurs organisée fin septembre à Londres, Jean-Laurent Bonnafé, administrateur directeur général de BNP Paribas, a ainsi rappelé que le nombre de collaborateurs traitant de ces problématiques au sein de la banque avait progressé de 40 % depuis 2009, pour atteindre aujourd’hui 1 600 personnes environ.
Une variété de profils recherchés
Cette dynamique ne concerne pas uniquement BNP Paribas. «Sous l’effet de la crise et du durcissement de l’environnement réglementaire, l’ensemble des banques ont recruté de manière importante sur les métiers de la conformité, observe Baptiste Lambert, manager de Robert Half Financial Services. Elles continuent d’ailleurs de le faire significativement. En effet, nous n’avons jamais constaté autant de postes à pourvoir qu’en ce moment.» Le mouvement est d’autant plus marqué que les compagnies d’assurance, mais aussi les sociétés non financières (voir encadré), commencent également à s’entourer de tels professionnels.