Porté par une réglementation de plus en plus contraignante en matière de lutte anticorruption et de trafic d’influence, le métier de responsable compliance se démocratise au sein des ETI et des grandes entreprises. Mais la quête de ces profils se révèle difficile en raison de l’absence de formation propre à cette fonction, et de la concurrence exacerbée à laquelle se livrent actuellement les employeurs.
Loi sur le devoir de vigilance, loi Sapin 2, Règlement général sur la protection des données personnelles (RGPD)… L’inflation de textes législatifs en matière de conformité a, au cours des derniers mois, contraint de nombreuses entreprises à mettre en place une série de dispositifs internes liés à la compliance (cartographie des risques, code de bonne conduite à destination des collaborateurs, etc.). «Si, dans certaines d’entre elles, la direction de l’audit ou du contrôle interne avait déjà mis en place un code éthique ou de déontologie, elles n’étaient, jusqu’à récemment, pas contraintes par une réglementation, rappelle Romain Franck, senior manager chez Fed Legal. Le contexte réglementaire actuel change la donne.» Dans le cadre de la loi Sapin 2, par exemple, les entreprises et les établissements publics à caractère industriel et commercial d’une certaine dimension ont en effet, depuis 2017, une obligation de vigilance et doivent notamment mettre en œuvre des procédures de détection et de prévention des faits de corruption ou de trafic d’influence.
Pour se conformer à ces nouvelles obligations, les entreprises concernées ont dû se mettre en quête d’un responsable compliance. «Un poste pour lequel nous constatons depuis quelques mois une augmentation du nombre de créations de directions ad hoc depuis la loi Sapin 2 dans les entreprises non dotées de directions ou de dispositifs de conformité et concernées par cette loi (entreprises de plus de 500 salariés)», signale Romain...