Pour intégrer les critères environnementaux, sociétaux et de gouvernance dans leur méthodologie d’évaluation des entreprises, les agences de notation se sont dotées au cours des dernières années d’un pôle d’expertise ESG. Afin de former leurs équipes à ces enjeux, elles ont, outre le rachat d’entités spécialisées, mis en place de nombreuses formations.
Fin 2017, S&P Global Ratings a fait ses comptes : en passant à la loupe deux années d’activité (de juin 2015 à juin 2017), l’agence de notation financière s’est rendu compte que les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance avaient eu un impact significatif dans plus de 1 300 analyses. Dans 225 cas, ils avaient même motivé un changement de note ou de perspective. Preuve incontestable que les critères ESG sont bel et bien pris en compte dans la notation crédit des entreprises. «Et cela ne date pas d’hier !», insiste Swami Venkataraman, senior vice president de Moody’s en charge de l’analyse ESG. Un véritable déclic a toutefois eu lieu en 2015, avec le lancement des objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies, puis l’adoption de l’accord de Paris.
C’est précisément à l’occasion de la COP 21 que S&P a constitué une équipe finance durable, qui compte aujourd’hui une douzaine de personnes : «Un tiers d’analystes seniors venus du secteur des infrastructures – le plus exposé à ces problématiques – et deux tiers de juniors venus de l’asset management responsable et d’agences de notation extra-financière», détaille Yann Le Pallec, directeur général Notation de S&P Global Ratings. Chez Moody’s, «plus de 60 analystes sont répartis au sein des différentes entités du groupe à travers le monde, explique Swami Venkataraman. Ils sont chargés d’accompagner nos initiatives dans les domaines ESG.» Les services collectifs (utilities) sont en première ligne : la notation...