Après une année difficile en termes de performances financières et de collecte, les rémunérations variables versées par les asset managers ont eu tendance à stagner, voire à se réduire. La politique des grands groupes visant à lisser les à-coups conjoncturels a contribué à limiter ces baisses.
Affectée par un quatrième trimestre très chahuté sur les marchés financiers, l’année 2018 s’est révélée difficile pour les sociétés de gestion. Presque toutes les classes d’actifs ont fini dans le rouge, les principaux indices actions encaissant des baisses de plus de 5 %. Ces performances décevantes se sont accompagnées d’une collecte en souffrance par rapport aux années précédentes, avec des flux sortants de plus de 17 milliards d’euros pour les fonds français. Des résultats qui ont naturellement pesé sur les bonus des collaborateurs des sociétés de gestion françaises versés en 2019 au titre de l’exercice 2018.
Un lissage des bonus
C’est notamment le cas des gérants de portefeuille. «Nous constatons des baisses du niveau de rémunération variable de l’ordre de 10 à 30 % selon la classe d’actifs gérée ou encore la taille de la société de gestion», indique Romain Boisnard, associé chez Tillerman. Cet état des lieux, difficile à établir par manque de chiffres, est nuancé par d’autres chasseurs de têtes.
«2019 n’est pas une année à part sur la période récente, souligne ainsi Odile Couvert, fondatrice du cabinet Amadeo Executive Search. Les bonus sont soit stables, soit en légère baisse lorsque les performances n’ont pas été bonnes.» C’est en particulier le cas des grandes maisons de gestion, qui offrent des rémunérations moins attractives que les boutiques. «Dans les plus petites sociétés de gestion, les gérants peuvent davantage faire valoir leurs bonnes performances au moment de la fixation de...