L’extension continuelle des obligations réglementaires encadrant les indicateurs de RSE conduit cette thématique à prendre une importance croissante dans les entreprises. Une évolution qui pourrait se traduire, pour les directeurs financiers, par une mutation de leur mission. Ils pourraient devenir ainsi à terme les garants de la « valeur » de l’entreprise, c’est-à-dire de sa performance financière comme extra-financière.
En 2017, un ancien juge de la Cour suprême d’Afrique du Sud, pays où les enjeux environnementaux et sociétaux sont particulièrement forts, et une professeure britannique de finance étaient parvenus à un constat apparemment paradoxal : alors que les entreprises sont de plus en plus évaluées sur leurs performances non financières, ce sont leurs directions financières qui disposent des meilleurs outils pour mesurer les actions de responsabilité environnementale et sociétale (RSE). Ils en avaient conclu que la fonction de chief financial officer (ou directeur financier) avait vocation à évoluer vers celle, plus large, de chief value officer (CVO), qu’ils avaient décrite dans un ouvrage commun. Pour eux, le CVO engloberait l’ensemble des créations (ou des destructions) de valeurs par l’entreprise, y compris environnementales, sociétales et humaines.
Les obligations croissantes de publier des déclarations de performances extra-financières (DPEF) accréditent la pertinence du CVO, au point que certains considèrent que la fonction financière est à la veille d’une nouvelle mutation, d’importance comparable à celles provoquées par l’adoption des IFRS en 2004, quand les principes de juste valeur et de pertinence avaient remplacé ceux de valeur historique et de prudence, entre autres. Le 17 janvier dernier, alors que la plupart des directions financières se focalisaient sur les comptes de l’exercice 2022, l’Autorité des marchés financiers (AMF) publiait une note rappelant l’importance de...