Alors que le marché européen s’est fortement contracté avec la crise, le secteur automobile a dû fortement se restructurer. Les directeurs financiers ont été placés en pole position pour maintenir ou restaurer la rentabilité de leur groupe, avant d’accompagner ensuite les opérationnels dans la recherche de relais de croissance à l’international.
L’automobile est un des secteurs français qui a le plus subi la crise de 2008, puis celle de 2011. «Le nombre de véhicules produits par les constructeurs français en France est passé de plus de 3 millions en 2007, avant la crise, à 1,4 million d’unités prévues fin 2014, selon notre étude annuelle», explique Yann Lacroix, conseiller sectoriel, spécialiste du secteur automobile chez l’assureur crédit Euler Hermes. Les constructeurs ont donc dû faire face à la baisse de consommation des ménages français et européens qui, en période d’incertitude, ont repoussé leurs achats de véhicules neufs. Mais si les grands constructeurs avaient la surface financière nécessaire pour traverser cette crise, parfois au prix de lourds ajustements, les plus petits équipementiers ne bénéficiaient pas de cette chance. «Nous avons constaté de nombreuses défaillances chez les petits équipementiers, qui n’avaient pas la trésorerie nécessaire pour absorber la pression sur les coûts et les besoins en innovation nécessaires, poursuit Yann Lacroix. Aujourd’hui, le niveau des défaillances du secteur a retrouvé un niveau similaire à celui d’avant-crise, soit environ 180 défaillances par an.» Cette restructuration de la filière automobile française a eu pour conséquence l’émergence d’acteurs de taille intermédiaire, mieux armés pour faire face à la concurrence mondiale.
A la fois plus flexibles que les constructeurs et plus solides financièrement que les petits sous-traitants, les grands équipementiers sont...