Depuis le 11 décembre dernier, les chefs d’entreprise ont la possibilité d’offrir à leurs salariés une prime exceptionnelle exonérée de charges sociales et patronales et totalement défiscalisée. Alors que de nombreuses entreprises ont décidé de jouer le jeu du versement de cette prime, il revient aux directions financières de trouver les fonds nécessaires. Une tâche loin d’être aisée dans certains cas dans la mesure où de telles sorties de cash n’avaient pas été budgétées.
«Une prime désocialisée et défiscalisée, c’est rare, constate Serge Pinaud, directeur des ressources humaines de Siaci Saint Honoré. D’ailleurs, la rubrique de paie sans charge n’existe pas sur le logiciel de paie, c’est dire si l’opération est inédite !» Bon nombre de directions financières en sont arrivés au même constat depuis le 11 décembre dernier. À cette date, et jusqu’au 31 mars, les chefs d’entreprise qui le souhaitent sont en effet autorisés par l’exécutif à verser une prime exceptionnelle à leurs salariés afin de soutenir le pouvoir d’achat des ménages. Cette prime est exonérée d’impôt sur le revenu, de charges sociales patronales et salariales ainsi que de prélèvements sociaux (CSG-CRDS), dans la limite de 1 000 euros par bénéficiaire et uniquement pour les collaborateurs dont la rémunération brute n’excède pas trois fois le Smic (moins de 4 500 euros).
Souhaitant saisir cette opportunité, de nombreuses sociétés ont décidé de mettre en place ce bonus exceptionnel. Alors qu’ils n’étaient que 42 % l’année dernière, 56 % des dirigeants de PME-ETI ont ainsi distribué ou comptent octroyer en ce début d’année une prime à leurs salariés, selon l’Observatoire des PME-ETI réalisé par OpinionWay. Du côté des grands groupes, ils sont 77 % à avoir l’intention de faire de même, selon un sondage réalisé par RH Mercer.
Une décision imposée aux directions financières
Pour certains responsables financiers, ce choix émanant de leur direction générale a parfois surpris.
«Le président de Linagora a annoncé sa décision de verser immédiatement cette prime dans un tweet», illustre Céline Zapolsky, vice-présidente de Linagora, éditeur...