Depuis la crise, les entreprises, plus frileuses, préfèrent attribuer des bonus plus conséquents plutôt que d’augmenter durablement les salaires fixes. Cette tendance se constate encore cette année et devrait perdurer, et ce malgré l’amélioration du contexte économique.
Avis aux financiers en quête d’une augmentation salariale : vous avez de grandes chances pour que celle-ci passe d’abord par l’attribution d’un bonus ! En effet, depuis la crise, à cause de leur inquiétude pour l’avenir, les entreprises préfèrent verser des bonus à leurs salariés plutôt que de les augmenter. «Ces dix dernières années, les entreprises ont réduit leur budget associé aux augmentations salariales, rappelle Jean-Philippe Gouin, associé capital humain chez Deloitte. En conséquence ils ont limité la hausse des rémunérations fixes et ont, en contrepartie, octroyé davantage de bonus si leur budget le permettait.»
Une part variable plutôt stable
Certes, le contexte économique s’améliore désormais. «Les entreprises ont profité de la reprise économique de 2017 pour augmenter légèrement leur budget sur les augmentations salariales : selon les chiffres de notre étude sur les rémunérations, celles-ci ont progressé de 1,8 % en 2017 pour les cadres, avec une prévision de + 2 % sur 2018, un niveau qui n’avait pas été atteint depuis 2010», poursuit Jean-Philippe Gouin.
Cependant, les directions générales ne semblent pas vouloir modifier leur politique de rémunération au profit de la part fixe. Les spécialistes font en effet état d’une part variable plutôt stable. «Les directeurs financiers ont perçu entre 20 et 30 % de variable au titre de l’année 2017, une moyenne que nous constatons depuis une dizaine d’années», souligne Alexandra Proniewski, manager chez Fed Finance Executive. Pour d’autres spécialistes, les bonus versés progresseraient même plus que le fixe. «Selon notre étude, les variables sur la fonction finance ont augmenté de 9 % en 2017», rappelle Jean-Philippe Gouin.