Si le passage à l’étranger constitue un atout, voire un passage obligé, pour le financier qui souhaite faire carrière au sein d’une grande entreprise, l’exercice doit être préparé avec attention. En effet, de nombreux éléments doivent être pris en compte, comme la fiscalité ou les prestations sociales du pays de destination afin de négocier son package de rémunération en conséquence.
Partir à l’étranger peut représenter une opportunité de carrière pour un financier, qui a ainsi la possibilité d’être plus proche du terrain, d’avoir accès à des responsabilités plus importantes et d’acquérir la connaissance d’une zone géographique. Mais si, pendant longtemps cette expérience internationale a été associée à des rémunérations très attractives (voir encadré), la situation a bien changé. En effet, les entreprises ont très largement engagé une politique de rationalisation des coûts d’expatriation. «Beaucoup de grands groupes ont revu à la baisse les conditions octroyées aux salariés en mobilité à l’international, explique Emmanuel Rivère, responsable de l’activité mobilité internationale chez Mercer. Or, il est également plus difficile de sortir de ce cadre préétabli.»Ce qui ne signifie pas qu’il ne faut pas négocier. Déjà, comme dans toute tractation, il s’agit avant tout d’un rapport de force.
«Certains profils dont les compétences sont rares et indispensables à l’entreprise, comme un directeur financier, peuvent jouer de leur statut pour obtenir un package de rémunération aménagé», précise Emmanuel Rivère. De même, une entreprise qui a besoin d’un directeur financier ou d’un contrôleur financier à l’étranger, notamment pour suivre une filiale ou un projet donné, sera prête non seulement à s’assurer que ce dernier y gagnera financièrement, mais aussi à compenser les conséquences d’un tel départ. En parallèle, si les sociétés sont souvent moins généreuses...