Créé en 2012 afin d’assister financièrement les pays et les banques en difficulté, le Mécanisme européen de stabilité (MES) s’appuie sur une équipe d’une trentaine de collaborateurs financiers. Outre l’activité inhérente de prêts, la fonction finance de l’institution doit également gérer des problématiques de placements financiers pour rémunérer le capital apporté par les Etats.
Mardi 21 octobre, 8 heures du matin, à Luxembourg. En raison de bonnes conditions de marché, les équipes financières du Mécanisme européen de stabilité décident de lancer une émission obligataire d’une maturité de deux ans. Une première sur une telle échéance pour l’institution. En contact téléphonique avec les banquiers des trois établissements retenus pour organiser le placement, Siegfried Ruhl, responsable du financement de l’institution, assiste alors, depuis son ordinateur, à l’ouverture des livres d’ordres. Dans la salle des marchés, qui compte une quinzaine de membres, l’ambiance est studieuse. «A la différence des émissions de court terme (bills auctions), qui sont placées électroniquement auprès de toutes les banques du groupe, les émissions de moyen-long terme relèvent principalement du travail des banques arrangeuses en coopération avec notre département financements, précise Christophe Frankel, directeur général délégué du MES en charge des finances. Dans ce cas, notre rôle consiste à piloter le bon déroulement de l’opération, avant d’en valider la taille et le prix.» Interrogeant régulièrement Siegfried Ruhl, en relation quasi permanente avec les banquiers, Christophe Frankel est rapidement rassuré. Malgré la proposition d’un rendement proche de 0 %, la demande est au rendez-vous. Alors que l’institution souhaite lever 4 milliards d’euros, les ordres dépassent rapidement 5,8 milliards. A 12 h 30, les livres sont fermés, et les collaborateurs de Christophe Frankel satisfaits des conditions de financement obtenues : la rémunération versée s’établit à 0,04 %.