Désireux de se confronter à un environnement professionnel radicalement différent, certains directeurs ou responsables financiers de start-up quittent ces jeunes pousses pour intégrer de grands groupes. Si leur polyvalence y est plébiscitée, l’adaptation n’est pas toujours facile tant les cultures de ces deux mondes divergent.
Alors que le nombre de créations de start-ups progresse en France de 15 à 20 % par an depuis trois ans, selon l’Agence du numérique, il est devenu courant de voir des directeurs ou responsables financiers de groupes désireux de se frotter à un environnement entrepreneurial renoncer à leur situation pour intégrer ces jeunes pousses. A rebours de ceux-là, certains décident d’escalader la montagne : après avoir mis une petite structure sur les rails de la croissance et de l’équilibre, ils poussent les portes d’entreprises de taille beaucoup plus importante, à la recherche de défis d’une autre échelle.
C’est par exemple le cas de Marc Rouberol, fondateur de 3eHabitat devenu directeur financier de Valorem, acteur des énergies renouvelables réalisant 600 millions d’euros de chiffre d’affaires, ou deThibaud Saint-Sauveur, responsable il y a encore peu du contrôle financier de Socotec, prestataire de services aux entreprises et collectivités implanté dans 25 pays, passé préalablement pas les petites structures Kaïman et Mediaprism. «Ces migrations sont encore marginales, car la culture des groupes fait que ces derniers recrutent souvent dans des entreprises de taille équivalente, indique Bruno Fadda, managing director executive search France chez Robert Half. Mais, à l’heure où les grandes entreprises nouent de plus en plus de partenariats stratégiques et opérationnels avec de jeunes entités dans le but d’accéder à l’innovation et à des solutions disruptives, et donc apprennent à mieux les connaître, de tels exemples se font moins rares.»