Le jour, ils ont les yeux rivés sur les écrans Bloomberg. La nuit, ils inventent des histoires. On peut en effet être asset manager et aimer écrire des romans, policiers, historiques, des romans d’anticipation ou simplement des témoignages de vie. Rencontre avec ces financiers pas comme les autres.
Un bibliothécaire de Princeton retrouvé assassiné dans un cimetière, la lettre grecque epsilon inscrite sur une tombe à ses côtés. Un entrepreneur audacieux qui invente les nouilles déshydratées dans le Japon de l’après-guerre. Un jeune homme prêt à tout pour sa carrière mais qui se trouve dépassé par un énorme « black-out électrique ». Leur point commun ? Tous ces personnages sont sortis de romans écrits par des gérants d’actifs. En marge de leur métier, une poignée de professionnels de l’asset management n’hésitent pas à donner libre cours à leur imagination et à noircir des pages, dès leur journée de travail finie. « Plutôt que le golf, je préfère l’écriture ! », s’amuse Jérôme Legras, directeur de la recherche chez Axiom AI et auteur d’un roman policier.
Des crises qui inspirent
Si tous ont depuis toujours le goût de la lecture, les motivations qui les ont conduits à prendre la plume sont variées. La grande crise financière a, pour certains, servi de déclencheur. « Un soir de 2008, nous étions à table avec ma famille et j’ai raconté comment un des patrons de la banque venait de se faire virer, presque manu militari. Mon fils, qui avait alors 15 ans, m’a tout de suite dit : “pour toi qui as toujours voulu écrire, en voilà une histoire à raconter !” J’ai suivi son conseil », se souvient Philippe Zaouati, aujourd’hui directeur général de Mirova et auteur de pas moins de quatre romans. En arrêtant brutalement certains pans de la finance, la crise a aussi laissé du temps libre à ces professionnels. « P...