Pour lutter contre la menace grandissante des cyberattaques, les entreprises ne pensent pas assez à faire appel aux policiers et aux gendarmes. Si ces derniers interviennent tout naturellement en cas d’attaques avérées, ils ont aussi développé des services en amont pour éviter aux entreprises de faire figure de proies faciles. Le tout gratuitement et confidentiellement !
Les directeurs financiers l’ignorent souvent mais leur meilleur atout dans la lutte contre les cyberattaques se trouve souvent au poste de police ou de gendarmerie le plus proche ! La gendarmerie nationale et la police judiciaire travaillent en effet aux côtés des sociétés pour tenter de lutter contre des réseaux très organisés : leur intervention va du dépôt de plainte après une attaque à la formation des salariés, en passant par l’accompagnement des dirigeants.
Une aide précieuse pour limiter la casse
Le premier contact avec la police se fait souvent après une attaque de hackers, par un dépôt de plainte. Dans le cas d’un faux virement, c’est-à-dire une escroquerie visant à générer un virement en faveur du fraudeur, cette action est indispensable. «Elle permet de mettre en action la justice pour tenter de récupérer en totalité ou en partie les fonds transférés à l’étranger avant qu’il ne soit trop tard», souligne Sophie Robert, commissaire de police adjointe au chef de l’office central pour la répression de la grande délinquance financière (OCRGDF). Quand le virement a été effectué, il convient aussi de contacter sa banque. «Ainsi, dans les cas les plus urgents – et même avant le dépôt de plainte –, il faut la contacter pour qu’elle demande le retour des fonds dans le cadre de sa relation interbancaire avec l’établissement qui a réceptionné les fonds.» Dans tous les cas, chaque heure compte. Cette opération n’est possible que dans la journée qui suit l’arnaque. Au-delà de ce délai, les fonds auront quant à eux le temps de changer plusieurs fois de banques… et de pays.