Après plusieurs années de forte croissance des rémunérations, les salaires des métiers de la finance devraient voir leur progression très ralentie en 2025, sous l’effet d’un retour à l’équilibre entre les exigences des candidats et celles des entreprises.
Après une croissance artificielle du marché de l’emploi générée par l’effet post-Covid, les cabinets de recrutement observent globalement un retour à la normale, avec certes moins d’offres mais toujours des recrutements, notamment pour les postes en middle et top management. Dans son étude de rémunération 2025, Robert Walters constate ainsi un recul de 9 % des offres d’emploi des cadres en 2024. « Ce ralentissement s’explique notamment par la très bonne année 2023 sur le front de l’emploi, mais aussi par l’attentisme actuel des entreprises en termes de création ou de renouvellement de postes, au regard notamment des incertitudes économiques et politiques » , explique Aude Boudaud, director finance, tech & digital, real estate and manufacturing chez Robert Walters. Une tendance générale à laquelle n’échappent pas les métiers de la finance, mais dans une moindre mesure. Selon le cabinet de recrutement Michael Page, avec 224 500 offres d’emploi dans la finance publiées en 2024, les opportunités dans le secteur sont en effet en recul de 4 % par rapport à 2023. « Ces dernières années ont été marquées par un nombre de postes ouverts supérieur au vivier de candidats disponibles sur le marché ou en recherche d’emploi, précise Benjamin Lassalle, manager exécutif sénior divisions Finance et Audit/Conseil/Expertise de Michael Page. Pour séduire, attirer et convaincre les talents à changer de poste, de nombreuses entreprises ont joué sur le levier de la rémunération, provoquant une hausse des salaires. Aujourd’hui, alors qu’on assiste à une légère inversion du rapport de force entre l’offre et la demande, on constate un certain retour à l’équilibre sur le front des rémunérations. »