Géant de la restauration aérienne, le Groupe Servair traverse depuis le début de la crise économique une sérieuse zone de turbulences. Pâtissant des difficultés rencontrées par les secteurs du tourisme, des transports et de la restauration mis à l’arrêt par les mesures de confinement, le groupe s’est lancé dans un important programme de réduction de coûts, portant notamment sur une baisse drastique des frais généraux, une rénégociation des salaires et un plan de départs volontaires.
Comment la crise sanitaire a-t-elle affecté votre activité ?
Cette crise est d’une violence absolue pour notre groupe. Jamais nous n’avions vécu une situation d’une telle ampleur, pas même après la crise des subprimes de 2008, ou la crise aérienne après les attentats du 11-Septembre. Des épidémies comme celle du virus Ebola, par exemple, sont restées locales, dans des régions définies. La crise de la Covid-19 est mondiale.
Or, en tant que prestataire de la restauration aérienne, nous sommes très dépendants du trafic aérien, et cela à plusieurs niveaux.
D’abord, pour exercer notre activité, il faut que les avions décollent. Tous les vols ont cessé net dès le 17 mars, jour officiel du confinement. Notre activité s’est alors limitée aux seuls vols de rapatriement ou de fret d’urgence et à quelques avions sanitaires, qu’il fallait ravitailler. En conséquence, nous avons enregistré entre le mois d’avril et le mois de juin 5 % à 10 % seulement de notre activité normale.
Mais même si les vols ont repris, encore faut-il qu’il y ait des passagers. Or ces derniers ont toujours peur de voyager. En conséquence, notre chiffre d’affaires au mois d’août n’a été que d’environ 35 % de notre activité, malgré la reprise des vols européens et domestiques. Par ailleurs, notre cœur de métier, la production de cuisine délivrée par plateaux, concerne majoritairement les vols long-courriers. Nous n’avons pas pu bénéficier non plus de ces vols, ceux-ci ayant été très peu autorisés à cause des fermetures de frontières.
Enfin, les compagnies aériennes ayant elles aussi été très lourdement frappées par la crise, elles ont été obligées, pour sauvegarder leur trésorerie, de procéder à des...