Après avoir longtemps été un métier vedette dans les banques d’investissement, les traders ont vu leur rôle sensiblement évoluer ces dernières années, sous l’effet de la réglementation, mais aussi des avancées technologiques. Un contexte qui offre de nouvelles opportunités en termes de parcours, mais qui modifie également le profil des candidats.
Salles de marché surpeuplées remplies de rangées d’écrans Bloomberg, individus survoltés hurlant un casque de téléphone vissé aux oreilles et prenant des positions spéculatives, bonus faramineux octroyés… Popularisé dans plusieurs films, comme «Wall Street», «Le bûcher des vanités» ou encore «Le Loup de Wall Street», le métier de trader suscite depuis des décennies à la fois fascination et détestation. Mais l’image que l’on se fait de ces professionnels est devenue pour le moins obsolète. «Historiquement, les “sales” étaient en contact avec leurs clients et consultaient les traders qui proposaient des prix et traitaient sur le marché, relate Bruno de Saint Florent, partner Financial Services chez Oliver Wyman. Cette situation n’existe quasiment plus dans de nombreux segments de marché.»
En conséquence, le nombre de traders en activité a été fortement réduit ces dernières années. «Alors qu’au début des années 2010 il y avait encore une quinzaine de traders à Londres chez Deutsche Bank, maintenant il n’y en a plus que cinq, souligne François-Xavier Gorioux, sales trader chez Deutsche Bank depuis 2002. Il n’y a plus de traders à Paris depuis dix ans.»
La fin du trading pour compte propre
Une situation qui s’explique par deux principaux phénomènes. D’une part, la réglementation est venue restreindre fortement l’activité des traders. Et pour cause : les traders ont vu leurs marges de manœuvre en termes de prise de risque largement contrainte. «Avant, la couverture des pertes était calculée via des modèles...