La cession d’une PME-ETI constitue un chantier éprouvant pour son directeur financier. Alors qu’il lui faut continuer d’assurer la gestion des tâches quotidiennes, il doit trouver le temps de répondre aux nombreuses questions des repreneurs potentiels, tout en maintenant la confidentialité de l’opération.
Alors que les opérations de fusions-acquisitions de taille significative sont peu nombreuses depuis plusieurs mois, les rachats de PME-ETI par des grands groupes tendent à se multiplier en France. Dernier exemple en date, l’acquisition du spécialiste de l’énergie solaire Solairedirect par Engie, qui suit celles récentes d’Oralys (santé et hygiène) par le groupe américain Ranir, de Montabert (industrie) par Joy Global ou encore des Papeteries Pichon par Manutan. Même si ces opérations sont souvent le résultat d’une stratégie de croissance externe offensive de groupes internationaux, il n’est pas rare qu’elles soient à l’initiative des «cibles». «Les PME-ETI cherchent parfois à intégrer un groupe industriel lorsque leur dirigeant historique est sur le départ ou qu’elles sont à la recherche de nouvelles ressources, notamment financières, pour atteindre des objectifs de développement hors de leur portée en tant qu’entreprise indépendante», constate ainsi Coralie Oger, avocat associé au sein du cabinet FTPA. La reprise de Solairedirect s’inscrit par exemple dans ce cadre. «Tandis que nous avions besoin de lever une quantité importante de fonds pour financer le développement de notre stratégie à l’international, il nous a paru intéressant de nous appuyer sur un groupe pouvant nous faire bénéficier de sa solidité financière et de son expertise en distribution d’énergie, illustre Julien Pourquéry, directeur administratif et financier de Solairedirect (173 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2014/2015). C’est pourquoi nous avons commencé à réfléchir à une cession.»