Pour améliorer leur PSE, certaines entreprises tendent désormais à élargir les prérogatives confiées aux directeurs financiers. Une mission qui implique notamment de rassurer les créanciers et les partenaires commerciaux de l’entreprise, mais qui nécessite aussi de veiller à désamorcer les tensions en interne.
Récemment mandaté comme conseil par les instances représentatives du personnel d’une ETI industrielle qui venait de lancer un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE, voir encadré), cet expert en dialogue social n’en est toujours pas revenu. «Alors que j’ai participé, lors d’une de mes dernières missions, à de nombreuses réunions organisées par la direction générale, je n’ai jamais eu l’occasion d’échanger sur les difficultés financières de la société avec… le directeur financier, absent lors de chaque rendez-vous. Ma surprise a été d’autant plus totale quand, en croisant par hasard ce directeur financier quelques semaines plus tard, celui-ci m’a précisé n’avoir quasiment pas été sollicité pour définir le PSE !»
Un gage de crédibilité
Aussi étonnant que cela puisse paraître, ce cas de figure est relativement fréquent.
«A la différence du directeur général et du directeur des ressources humaines, qui se retrouvent toujours aux avant-postes de la gestion des salariés, le directeur financier est souvent laissé en retrait durant la procédure, témoigne Bénédicte Haubold, fondatrice du cabinet Artélie Conseil, spécialisé dans les risques humains dans le cadre de projets stratégiques, dont les PSE. Dans de nombreux dossiers, nous constatons que son intervention n’est sollicitée qu’en fin de processus pour chiffrer les mesures arrêtées par sa hiérarchie, le réduisant souvent au rôle de simple exécutant.» Cette situation peut s’expliquer par différents facteurs, en particulier par le fait que la procédure relative à un PSE revêt un caractère essentiellement juridique. Mais ses conséquences...