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«DAF for Good», le programme qui fait du bien aux start-up

Option Finance - 14 février 2020 - Thomas Feat

start up

Depuis 2015, le programme «Entrepreneurs & DAF» de la DFCG, rebaptisé récemment «DAF for Good», permet à des start-up de bénéficier durant un an de l’accompagnement d’un binôme de financiers d’entreprises chevronnés. Cette année, une quinzaine de jeunes pousses ont sollicité cette expertise pour mener à bien leurs chantiers organisationnels, de recrutement, de production d’informations financières et de financement.

Fin janvier, une quinzaine de dirigeants de start-up françaises et une trentaine de financiers d’entreprises, pour la plupart des directeurs financiers, se sont réunis le temps d’un après-midi dans les locaux du fonds de dotation et accélérateur Raise Sherpas à Paris. Durant plusieurs heures, les premiers ont présenté aux seconds leur projet d’entreprise. Au terme de l’exposé et d’une séance de questions-réponses, les participants ont procédé à un «matching» : à chaque jeune pousse a été associé un binôme d’experts financiers chargé de l’assister dans la conduite de divers chantiers durant les douze prochains mois. Tous se sont quittés en se donnant rendez-vous pour les prochaines semaines.

Organisée tous les ans à la même période, cette cérémonie marque le commencement d’une nouvelle saison pour le programme «Entrepreneur & DAF» de l’Association des directeurs financiers et de contrôle de gestion (DFCG). Créé en 2015 par quatre membres de la DFCG et du Club des Jeunes Financiers, «Entrepreneur & DAF», rebaptisé cette année «DAF for Good», permet à de jeunes start-up en pleine croissance de bénéficier gratuitement, durant un an et à raison de huit heures par mois, de l’expertise de financiers d’entreprises chevronnés. «En cinq ans d’existence et grâce à nos partenariats successifs avec des acteurs comme Réseau Entreprendre, Arts et Métiers Accélération, HEC Incubateur ou Raise Sherpas, nous avons accompagné plus d’une quarantaine de jeunes pousses indépendantes et non cotées évoluant dans des secteurs d’activité tels que la distribution, la formation, la restauration ou la santé, indique Arnaud Meyer-Poujol, fondateur du cabinet Digidaf, président de DFCG Avenir et co-créateur du programme. Ces deux dernières années ont vu la taille de nos promotions doubler, voire davantage, pour passer de 6 à une quinzaine de start-up.»

L’elaboration du business plan

Dans le cadre de leur mission, les financiers d’entreprises bénévoles – directeurs financiers en poste, de transition, à temps partagé ou responsables de fonctions dédiées au contrôle de gestion, tous membres de la DFCG – accompagnent les entrepreneurs dans une grande variété de tâches. «Souvent, les dirigeants attendent de ces experts qu’ils les aident à mettre à plat leur business model et à construire ou reconstruire leur business plan, indique Arnaud Meyer-Poujol. Les intervenants peuvent également assister le management dans l’identification de nouvelles sources de revenus ou d’éventuels postes de coûts superflus afin d’optimiser leurs perspectives de rentabilité, dans la sélection des indicateurs de performance les plus pertinents et dans l’organisation des process de contrôle permettant la compréhension et la circulation de l’information financière au sein de la structure et de son actionnariat.»

Certains entrepreneurs se tournent aussi vers leurs référents techniques pour des besoins plus ponctuels. L’un des quinze participants au programme cette année, la start-up Libhéros, plateforme d’organisation de soins à domicile, s’apprête par exemple à recruter pour la première fois un directeur financier. «Non seulement notre duo d’experts s’est proposé de mettre son réseau à notre disposition, mais encore de nous aider dans la sélection des candidats, explique Jean-Christophe Klein, CEO de l’entité. Leur aide va nous être d’autant plus précieuse que ces deux personnes évoluent dans des secteurs assez proches du nôtre, la gestion d’établissements de santé pour l’une et l’assurance pour l’autre, et ont fait partie d’entreprises de tailles très diverses. Ils appréhendent donc parfaitement les compétences que doit posséder un responsable financier désireux d’intégrer une entreprise de croissance du secteur de la santé qui projette de passer de 17 à 300 salariés en cinq ans.» Dans le même temps, Libhéros prépare sa deuxième levée de fonds (une série A) et compte sur ses mentors pour la guider dans le maquis des innombrables possibilités de financements. «Faut-il recourir au capital-investissement ? A la dette bancaire ? Aux subventions publiques ou aux aides privées ? Devons-nous privilégier des financements dilutifs ou non dilutifs ? Autant de questions que nous aborderons avec notre binôme», pointe Jean-Christophe Klein.

La mise en place de solutions digitales

Autre start-up sélectionnée cette année par les responsables de «DAF for good», Murphy a notamment pour projet de mettre en place, en complément de ses logiciels de gestion de trésorerie, de nouveaux outils d’optimisation du poste client, de la facturation à l’encaissement en passant par le recoupement des données clients. «Nos experts vont nous aider à sélectionner les fonctionnalités et paramètres les plus pertinents de ces solutions digitales, qui seront développées ultérieurement par nos propres équipes», signale Guy Pezaku, CEO de la jeune pousse spécialisée dans la réparation des appareils électroménagers.

Outre l’aide apportée à de jeunes entreprises, c’est précisément la diversité des missions qui leur sont proposées qui explique l’engouement des financiers pour le programme. Cette année, pas moins d’une cinquantaine de candidatures d’experts ont été déposées auprès des organisateurs. «Il est indéniable qu’en quelques années, leurs missions se sont diversifiées et complexifiées, confirme Arnaud Meyer-Poujol. Avec le temps, la notoriété du programme mais aussi le gain de maturité acquis par l’écosystème ont soutenu l’afflux de candidatures de start-up plus mâtures, dégageant généralement entre 500 000 et 1 million d’euros de chiffre d’affaires et confrontées à des problèmes de structuration et de financement susceptibles d’induire des changements d’échelle à court ou moyen terme.»

Au cours des prochains mois, les financiers et dirigeants de start-up auront non seulement le loisir d’échanger régulièrement, mais encore de se retrouver pour quelques événements rassemblant l’ensemble de la nouvelle promotion. «Cette année encore, nous organiserons une session de “pitch blanc” au cours de laquelle des investisseurs professionnels viendront entendre et commenter les présentations écrites et orales de nos participants, indique Arnaud Meyer-Poujol. Et le 26 mars, les jeunes pousses présenteront leurs différents produits, services et solutions aux membres de la DFCG à l’occasion d’un mini-salon organisé dans les locaux de Groupama Epargne Salariale, autre partenaire du programme.» En définitive, toute la visée de «DAF for Good» peut être résumée dans ces deux manifestations : accompagner des start-up dans leur développement, mais également permettre leur mise en relation avec des entreprises et acteurs bien implantés sur leurs marchés. 

«DAF for Good» se décline en région

Depuis 3 ans, l’initiative «DAF for Good» de l’Association des directeurs financiers et de contrôle de gestion (DFCG) est implantée en région. L’antenne régionale de la DFCG en Auvergne-Rhône-Alpes a lancé son programme en 2018. Sa promotion accueillera cette année cinq ou six start-up. Le bureau local de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur accueillera cette année sa deuxième promotion. L’initiative pourrait être mise en place en Bretagne Pays-de-la-Loire cette année.