Sur le marché obligataire, le taux d’intérêt n’est jamais qu’un chiffre : c’est l’élément que les investisseurs regardent en premier, et c’est souvent autour de lui que se cristallise la négociation entre l’émetteur et ses banques placeuses lors du pricing.
Si la stipulation d’intérêts n’est pas une condition requise à la qualification d’emprunt obligataire, la plupart des obligations portent intérêt : le coupon constitue la rémunération de l’obligataire pour avoir mis des fonds à la disposition de l’émetteur.
Le taux peut être fixe ou variable, impliquant deux logiques de risque.
Pour les obligations à taux fixe, le taux est fixé dans le contrat d’émission et reste identique pendant toute la durée de l’emprunt, sauf si une clause prévoit une augmentation ou une diminution du taux fixe dans certaines circonstances (par exemple dans le cas d’un step-up pour non-atteinte d’un objectif ESG).
Pour les obligations à taux variable, le taux dépend de l’évolution d’un indice de référence : le contrat d’émission doit alors fixer l’indice retenu (en fonction de la devise d’émission : Euribor pour l’euro, SOFR pour le dollar, SONIA pour la livre sterling, SARON pour le franc suisse, TONA pour le yen), ses modalités de calcul, ses clauses de repli et la marge (spread) applicable. Cette marge traduit la perception qu’ont les investisseurs de la qualité de crédit de l’émetteur. Plus le risque est élevé, plus la marge demandée sera importante : un émetteur « investment grade » (dont la notation va de AAA à BBB-) peut se financer avec un spread de quelques dizaines de points de base au-dessus du taux de référence, quand un émetteur « high yield » (dont la notation est BB- ou en deçà) pourra voir ce spread se compter en centaines de points de base. Avant la remontée des taux, la politique monétaire accommodante des...