Abonnés

Les principales complexités d’IFRS 18 : entre transparence accrue et enjeux opérationnels

Publié le 16 juin 2026 à 17h26

Advolis Orfis    Temps de lecture 5 minutes

La norme IFRS 18, publiée par l’IASB pour remplacer IAS 1, introduit des changements structurants dans la présentation du compte de résultat et renforce les exigences en matière de transparence. Si son objectif est d’améliorer la comparabilité entre entreprises, sa mise en œuvre soulève plusieurs complexités, notamment autour des mesures de performance alternatives, du traitement de certains impacts tels que le change, ou encore des évolutions à mettre en œuvre sur le tableau des flux de trésorerie.

Par Véronique Genet, associée, Advolis Orfis

1. Les MPM : un encadrement strict et opérationnellement exigeant

La norme IFRS 18 définit les management performance measures (MPM) comme un sous-total de produits et de charges utilisé par la direction dans le cadre de sa communication publique pour analyser la performance de l’entreprise.

La norme impose désormais :

– une présentation des MPM au sein d’une note unique dans les états financiers : l’entité doit expliciter dans les notes annexes en quoi les MPM retenus sont pertinents au regard de la présentation de la performance ;

– une réconciliation du MPM avec les agrégats IFRS : en fonction du MPM, cette réconciliation peut être difficile à construire ou à expliquer ; le choix de l’agrégat le plus proche peut même parfois s’avérer complexe ;

– la présentation de l’impact d’impôt et des minoritaires sur les éléments en rapprochement : quel taux d’impôt utiliser quand il s’agit de rubriques entières du compte de résultat ou encore comment appréhender les intérêts minoritaires sur ces éléments ? En effet, les outils de consolidation n’étaient pas paramétrés jusqu’à présent pour restituer facilement ces informations sur un niveau aussi granulaire ;

– l’utilisation des mêmes MPM d’une période à une autre.

2. Impacts de change

IFRS 18 ne modifie pas les règles de reconnaissance, mais impose une présentation plus rigoureuse et cohérente des effets économiques, notamment dans la ventilation par catégorie.

Les différences de change doivent être présentées selon la nature sous-jacente des éléments :

– liées à l’exploitation → catégorie opérationnelle ;

– liées aux actifs financiers → catégorie investissement ;

– liées aux passifs financiers → catégorie financement.

S’il n’est pas possible d’identifier le sous-jacent, les effets de change doivent être comptabilisés dans la catégorie operating, qui est la catégorie par défaut. Ce qui pourrait entraîner plus de volatilité dans le résultat d’exploitation.

Il peut s’avérer compliqué de suivre la nature des effets de change notamment si les systèmes comptables amont ne sont pas paramétrés en conséquence.

Une autre difficulté réside dans la gestion des effets de change liés aux transactions réciproques : dans quelle catégorie du nouveau compte de résultat les positionner en fonction de la...

Chargement…