Le football européen n’est plus seulement une affaire de passion. Né en Angleterre à la fin du XIXe siècle, il est devenu une industrie : compétitions planétaires, rémunérations des joueurs-stars à des niveaux inédits, investisseurs attirés par la croissance des revenus. Dans ce contexte, « évaluer » un club est à la fois un enjeu central… et un exercice complexe.
1. Un modèle économique adossé à la performance sportive
Les recettes des clubs proviennent des droits audiovisuels, de la billetterie, du sponsoring et des produits dérivés, auxquels s’ajoutent parfois les ventes de joueurs. Le cœur du modèle économique reste le sportif et dépend de la performance de l’équipe.
Cette équation a toutefois évolué au cours des dernières années. D’abord, la maîtrise du stade est devenue un levier décisif : elle permet d’élargir l’offre aux entreprises et aux supporteurs, d’augmenter les revenus de match day et, parfois, de développer une activité d’opérateur de spectacles (concerts, etc.). Mais financer un stade sans affaiblir l’équipe implique d’arbitrer entre investissement et compétitivité sportive, ce qui peut s’avérer complexe.
Autre facteur, depuis les années 2000, la hausse des budgets de quelques clubs a renforcé leur domination sur la scène européenne. La Ligue des Champions est aujourd’hui une compétition quasi fermée dans laquelle seul un nombre limité de clubs performe réellement. Compte tenu de l’importance des droits télévisuels qui y sont associés, y participer ou non est devenu un levier économique majeur pour de nombreux clubs, notamment pour les clubs français dans un contexte de dégradation de la valeur des droits de la Ligue 1.
2. Valeur pour l’actionnaire et les parties prenantes
Certains actionnaires, comme les fonds d’investissement, recherchent la rentabilité en investissant dans un club. Ils pensent pouvoir capter certaines opportunités de marché en cédant des joueurs, réduire les coûts ou le risque grâce à une stratégie de multipropriété, ou encore bénéficier d’une convergence des modèles économiques des clubs européens vers les modèles américains, bien plus générateurs de cash-flows.