Abonnés

Procédures fiscales

Une proposition de rectification peut-elle valablement être notifiée par e-mail ?

Publié le 14 décembre 2018 à 10h27

Les procédures fiscales privilégient de façon croissante les échanges électroniques, ce qui soulève d’intéressantes questions.

Par Pierre Carcelero, avocat associé, et Florian Baron, avocat, CMS Francis LefebvreAvocats

Dans une affaire récente, le tribunal administratif de Melun s’est prononcé sur la validité de la notification d’une proposition de rectification par le biais d’un e-mail contenant un lien permettant de télécharger le document sur la plateforme Escale.

Rappelant que l’article L. 57 du Livre des procédures fiscales n’impose pas de modalités particulières de notification, il a estimé que le contribuable – qui reconnaissait avoir reçu l’e-mail précité – devait être considéré comme ayant été valablement informé (jugement du 17 mai 2018, n° 1604700).

Il est toutefois permis d’avoir un doute sérieux sur l’opportunité de cette solution, dès lors que le contribuable n’a eu connaissance que de l’existence d’une proposition de rectification, mais sans nécessairement disposer des éléments propres à garantir sa bonne information.

S’il apparaît au premier abord évident que l’administration peut retenir diverses modalités de notification, il lui appartient d’en établir la réalité.

Le contribuable reconnaissait certes avoir reçu un e-mail l’informant de la mise à disposition d’un document, mais la jurisprudence du Conseil d’Etat nous paraît imposer le principe d’une notification avec un document revêtu d’une signature originale, et le Livre des procédures fiscales ne prévoit pas au demeurant les garanties applicables en cas de notification par voie électronique.

D’autre part, le contribuable soutenait qu’il n’avait pas téléchargé la pièce à laquelle renvoyait le lien en raison des craintes liées à des pratiques d’e-mails malveillants. Le tribunal semble avoir écarté rapidement la pertinence de l’argument, alors que les précautions sont fréquemment recommandées, y compris par l’administration fiscale elle-même.

Dans la même rubrique

Abonnés Article 235 ter C : ce que change la loi de finances 2026 pour les holdings passives

Avec l’article 235 ter C du Code général des impôts, issu de la loi de finances du 19 février 2026,...

Abonnés La taxe de 3 % : un enjeu stratégique dans les share deals immobiliers

La taxe annuelle de 3 % sur la valeur vénale des immeubles situés en France (« taxe de 3 % ») a été...

Abonnés La garantie d’information et de communication du contribuable est encadrée strictement par le Conseil d’Etat

Dans une décision importante mentionnée aux tables du recueil Lebon(1), le Conseil d’Etat vient de...

Voir plus

Chargement…