« Le populisme est devenu une donnée politique incontournable à l’échelle mondiale. Pour les investisseurs, l’enjeu n’est toutefois pas de le rejeter en bloc, mais de l’aborder avec discernement », estime Bérenger de la Blache, directeur commercial pour la France chez Capital Group.
Récemment, le populisme s’est imposé comme une composante durable du paysage politique mondial. Il puise ses racines dans les frustrations liées aux inégalités, à la stagnation de la mobilité sociale et au sentiment que les décideurs traditionnels n’ont pas su s’adapter aux nouvelles réalités économiques.
Si les gouvernements populistes adoptent souvent des politiques susceptibles d’accroître les risques à long terme – croissance plus faible, inflation plus élevée, volatilité accrue –, ils peuvent aussi, à court terme, soutenir la demande, ouvrir la voie à des réformes attendues et créer des opportunités d’investissement ciblées dans des secteurs subventionnés ou jugés stratégiques.
Hausse des taux longs
Sur les marchés obligataires, ces exécutifs privilégient généralement des politiques monétaires expansionnistes afin de stimuler l’activité ou de répondre à des attentes sociales, ce qui tend à maintenir les taux courts à un niveau bas. En parallèle, les rendements à long terme augmentent, les investisseurs s’inquiétant de la soutenabilité budgétaire, du risque inflationniste et d’un éventuel financement monétaire des déficits.
Cette hausse des taux longs dépasse le simple ajustement technique. Elle traduit une revalorisation de la prime de risque exigée pour détenir de la dette souveraine dans un environnement politique moins prévisible. La conséquence ? Un redressement de la courbe des taux, comprimée à court terme par l’action publique et tendue à long terme par les anticipations d’inflation et l’incertitude budgétaire.