« Le populisme est devenu une donnée politique incontournable à l’échelle mondiale. Pour les investisseurs, l’enjeu n’est toutefois pas de le rejeter en bloc, mais de l’aborder avec discernement », estime Bérenger de la Blache, directeur commercial pour la France chez Capital Group.
Récemment, le populisme s’est imposé comme une composante durable du paysage politique mondial. Il puise ses racines dans les frustrations liées aux inégalités, à la stagnation de la mobilité sociale et au sentiment que les décideurs traditionnels n’ont pas su s’adapter aux nouvelles réalités économiques.
Si les gouvernements populistes adoptent souvent des politiques susceptibles d’accroître les risques à long terme – croissance plus faible, inflation plus élevée, volatilité accrue –, ils peuvent aussi, à court terme, soutenir la demande, ouvrir la voie à des réformes attendues et créer des opportunités d’investissement ciblées dans des secteurs subventionnés ou jugés stratégiques.
Hausse des taux longs
Sur les marchés obligataires, ces exécutifs privilégient généralement des politiques monétaires expansionnistes afin de stimuler l’activité ou de répondre à des attentes sociales, ce qui tend à maintenir les taux courts à un niveau bas. En parallèle, les rendements à long terme augmentent, les investisseurs s’inquiétant de la soutenabilité budgétaire, du risque inflationniste et d’un éventuel financement monétaire des déficits.
Cette hausse des taux longs dépasse le simple ajustement technique. Elle traduit une revalorisation de la prime de risque exigée pour détenir de la dette souveraine dans un environnement politique moins prévisible. La conséquence ? Un redressement de la courbe des taux, comprimée à court terme par l’action publique et tendue à long terme par les anticipations d’inflation et l’incertitude budgétaire.
Des valorisations sensibles au risque politique
Du côté des actions, les inflexions populistes (droits de douane, expansion budgétaire, interventions réglementaires) créent des gagnants et des perdants, en particulier lorsque l’Etat s’invite au cœur de secteurs stratégiques.
Par exemple, les industries qui bénéficient de subventions gouvernementales ou de droits de douane protectionnistes – les semi-conducteurs et l’automobile, entre autres – peuvent voir leurs revenus augmenter, car le soutien de l’Etat contribue à réduire les coûts et assure une demande stable. A l’inverse, les entreprises qui dépendent de chaînes d’approvisionnement mondiales en provenance de pays soumis à des droits de douane risquent de voir leurs marges bénéficiaires et leurs parts de marché diminuer.
Les développements récents aux Etats-Unis – qu’il s’agisse de mécanismes d’action spécifiques tels que les golden shares, de montages public-privé en capital ou de revirements sur les contrôles à l’exportation de semi-conducteurs – illustrent la manière dont les agendas politiques peuvent brouiller l’allocation du capital et la visibilité des bénéfices.
Les tensions géopolitiques, notamment les restrictions chinoises sur l’achat de puces dédiées à l’IA et les menaces d’escalade avec Washington, accentuent encore l’incertitude. Par ailleurs, les réductions budgétaires envisagées pour certaines agences d’innovation fragilisent les moteurs de croissance de long terme et rendent les valorisations plus sensibles au risque politique.
Approche disciplinée
« Pour les investisseurs, l’enjeu n’est donc pas de rejeter le populisme en bloc, mais de l’aborder avec discernement, conclut Bérenger de la Blache. Comprendre les forces structurelles qui alimentent ces basculements politiques demeure essentiel, car elles continueront d’influencer les trajectoires économiques. Une approche disciplinée, attentive aux secteurs et aux horizons d’investissement, et fondée sur la solidité institutionnelle et la crédibilité des réformes, comme celle que propose Capital Group, offre les meilleures chances de saisir les occasions qui se présentent tout en maîtrisant les risques structurels propres aux cycles populistes. »
Note réglementaire
Les résultats passés ne préjugent pas des résultats futurs. Il est impossible d’investir directement dans les indices, qui ne sont pas gérés. La valeur des investissements et le revenu qu’ils génèrent ne sont pas constants dans le temps, et les investisseurs ne sont pas assurés de récupérer l’intégralité de leur mise initiale. Les informations fournies dans le présent document ne constituent pas une offre de conseil en investissement, en fiscalité ou autre, ni une sollicitation à l’achat ou à la vente de titres.
Les déclarations attribuées à un individu représentent les opinions de ce dernier à la date de leur publication, et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de Capital Group ou de ses filiales. Sauf mention contraire, toutes les informations s’entendent à la date indiquée. Certaines données ayant été obtenues de tiers, leur fiabilité n’est pas garantie.
Capital Group gère des actions par le biais de trois entités d’investissement, qui décident en toute indépendance de leurs investissements et de leurs votes par procuration. Les professionnels de l’investissement obligataire assurent la recherche fondamentale et la gestion d’actifs obligataires par le biais de Capital Group. En ce qui concerne les titres apparentés à des titres de participation, ils agissent uniquement pour le compte de l’un des trois groupes d’investissement en actions.
Vous souhaitez comprendre les facteurs qui influencent les marchés alors que l’équilibre mondial se recompose ? Découvrez l’analyse de Capital Group, The Great Global Restructuring, disponible sur le site www.capitalgroup.com/intermediaries/fr/fr/. Cette analyse qui décrypte la manière dont l’intelligence artificielle, les échanges commerciaux, la dette américaine et l’évolution du dollar redessinent le paysage de l’investissement.