Saisie par des actionnaires minoritaires, l’AMF a demandé aux actionnaires majoritaires de Gaumont, Ciné Par et la famille Seydoux, de déposer une offre publique de retrait. Contestée par ces derniers, la décision a fait l’objet d’un recours devant la cour d’appel de Paris qui a dû se prononcer sur la validité de l’opération. Au cœur des débats figuraient l’absence de liquidité du titre et le comportement des actionnaires minoritaires.
Au terme d’une bataille juridique qui aura duré un an, les actionnaires minoritaires de Gaumont auront finalement eu gain de cause : la société de production et de distribution de films (150 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025 pour un résultat en perte de 19,5 millions) sera bien obligée de quitter la Bourse. C’est en mai 2025, en effet, que les sociétés de gestion Axxion, Gay-Lussac Gestion, Greenstock et HMG Finance ont déposé une demande de mise en œuvre d’une offre publique de retrait (OPR). Motif : l’illiquidité du titre dans lequel les quatre requérants, représentant 5,71 % du capital, avaient investi à partir de 2017. Celle-ci tenait d’abord au flottant très limité, près de 89 % du capital étant détenus par la famille Seydoux et sa holding Ciné Par depuis la mise en œuvre cette même année d’une offre publique de rachat d’actions ayant donné lieu à l’annulation des titres acquis. De plus, alors qu’en 2018, le titre avait grimpé jusqu’à environ 150 euros, il avait progressivement perdu de sa valeur pour s’établir autour de 85 euros en mai 2025. Dans une décision rendue en octobre dernier, l’AMF a donné raison aux investisseurs et demandé en conséquence aux actionnaires majoritaires de la société de déposer une offre publique de retrait (OPR) dans un délai de six mois. Une décision aussitôt contestée par ces derniers, qui ont décidé de former un recours devant la cour d’appel de P...