Face à la hausse des montants détournés par les fraudeurs et à la sophistication des techniques utilisées, de nouveaux dispositifs de lutte contre la fraude se développent : vérification du bénéficiaire d’un virement, création d’un fichier national des IBAN suspects, et, bientôt, renforcement du cadre européen. Cependant, la vigilance des entreprises reste de mise car aucun outil ne suffira seul.
Des chiffres en augmentation chaque année. Au premier semestre 2025, la fraude par manipulation a représenté 245 millions d’euros, soit 40 % du total de la fraude aux moyens de paiement et un montant en hausse de 44 % par rapport au premier semestre 2024. En nombre, les particuliers sont certes davantage touchés, mais les entreprises souffrent, elles, des pertes les plus importantes. « Globalement, les taux de fraude attachés aux transactions réalisées par des entreprises sont inférieurs à ceux associés aux transactions réalisées par des particuliers parce qu’elles réalisent davantage de contrôles dans le cadre de leurs procédures internes, observe Clément Bourgeois, chef adjoint du service des moyens de paiement scripturaux à la Banque de France. En revanche, quand une fraude passe, les montants unitaires peuvent être importants. »
En effet, l’exposition au risque croît avec la taille de l’entreprise selon le dernier baromètre de la fraude publié par Allianz Trade en partenariat avec Odoxa. Si 60 % des PME déclarent avoir subi au moins une tentative de fraude au cours des douze derniers mois, cette proportion atteint 85 % parmi les ETI et grandes entreprises. Plus préoccupant encore, 52 % des ETI et grandes entreprises constatent une hausse des tentatives sur la même période. Parmi les attaques recensées, la fraude externe domine largement, avec 88 % des cas, contre 37 % pour les fraudes internes. Et au sein de ces fraudes venues de l’extérieur, la substitution de l’IBAN d’un...