La BCE a décidé de relever son principal taux d’intérêt directeur, pour le porter à 2,25 %. Un resserrement monétaire qui permet d’envoyer « un signal », selon l'expression de Christine Lagarde, montrant que la banque centrale ne reste pas inactive face à la hausse des prix. Si le marché anticipe de nouvelles hausses des taux à partir de septembre, la banque centrale reste dépendante de l’évolution de la situation géopolitique au Moyen-Orient.
La décision n’a été une surprise pour personne, tant elle avait été suggérée par Christine Lagarde lors de sa dernière conférence de presse à Francfort le 30 avril, puis pré-annoncée par certains gouverneurs de la Banque centrale européenne : le 11 juin, la BCE a relevé ses taux d’intérêt directeurs de 25 points de base, portant son taux de référence (facilité de dépôt) à 2,25 %. Voilà près de trois ans que l’institut d’émission européen n’avait pas ainsi durci sa politique : la dernière hausse des taux, à l’issue d’un cycle de resserrement monétaire faisant suite au choc inflationniste lié à l’invasion de l’Ukraine, avait été décidée en septembre 2023 (facilité de dépôt portée à 4 %). S’était ensuivie une pause de près de neuf mois puis une série d’assouplissements monétaires, l’inflation refluant rapidement, pour parvenir en juin 2025 à 2 % de taux d’intérêt, un niveau jugé adéquat… jusqu’à la résurgence de l’inflation liée à la guerre au Moyen-Orient.
Christine Lagarde a justifié cette décision de relever les taux – prise à l’unanimité des gouverneurs de la BCE, sans contestation par aucun d’entre eux de son bien-fondé, a souligné la présidente de la BCE – par une « diffusion » de la hausse des prix de l’énergie dans l’économie. « La hausse des prix se diffuse, l’inflation sous-jacente – hors énergie et prix alimentaires – va être sensiblement supérieure à 2 % (autour de 2,5 %) et la perspective de retour à une inflation de 2 % est très lointaine – selon nos projections, ce...